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DossierAgroalimentaire : l'Afrique aiguise les appétits

02/03/2011 à 14:52
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Au Burkina Faso, 80 % des cultures cotonnières sont des organismes transgéniques. Au Burkina Faso, 80 % des cultures cotonnières sont des organismes transgéniques. © AFP

Les semences génétiquement modifiées passent au stade de l’exploitation à grande échelle dans plusieurs pays. L’américain Monsanto et le suisse Syngenta sont les premiers à en bénéficier.

Le débat sur les OGM est-il encore d’actualité ? Les biotechnologies sont désormais soutenues par de nombreux organismes et fondations qui veulent promouvoir les dernières découvertes scientifiques pour initier une « révolution verte ». Et nombreux sont les pays à se lancer. L’ancien secrétaire général des Nations unies, Koffi Annan, qui préside l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (Agra), estimait récemment que le continent « ne doit pas se détourner du potentiel des biotechnologies ». Un business énorme s’ouvre aux deux géants mondiaux déjà bien implantés, l’américain Monsanto et le suisse Syngenta.

Pari gagné pour Mosanto

Leader mondial sur le marché des semences et numéro deux des biotechnologies, Monsanto s’est fait connaître sur le continent avec l’introduction de son coton Bt, génétiquement modifié pour résister aux insectes. Au Burkina Faso, l’autorisation de culture à grande échelle du coton transgénique a été accordée en 2008, à la suite d’études menées sept ans durant par l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles et Monsanto. Pari gagné pour l’américain : le gouvernement burkinabè annonçait récemment que 80 % des cultures cotonnières de la campagne 2010-2011 étaient des OGM. Le coton Bt de Monsanto est également cultivé en Afrique du Sud et en Égypte, et les essais sont autorisés depuis 2009 au Mali.

Le groupe américain a également mis au point un maïs résistant à la sécheresse, qui sera introduit gratuitement entre 2013 et 2017 au Kenya, au Mozambique, en Ouganda (Kampala a annoncé en outre le démarrage d’essais en plein air de cultures transgéniques de bananes et de manioc), en Tanzanie et en Afrique du Sud, via le programme international Water Efficient Maize for Africa – financé par les fondations de Bill Gates et de Warren Buffett, il est doté d’un budget de 35 millions d’euros. Avec l’espoir d’accroître la productivité de 20 % à 35 %. La fondation de Gates est désormais une alliée de poids : elle vient d’acquérir 500 000 actions du leader mondial des OGM pour 27 millions de dollars.

Nouvelles variétés hybrides

Face au rouleau compresseur Monsanto, Syngenta mise sur un organisme à but non lucratif, la Fondation Syngenta pour une agriculture durable, dont l’objectif est d’« améliorer les conditions de vie des petits agriculteurs », dit la firme suisse. Elle collabore depuis longtemps avec des centres de recherche africains comme l’Institut d’économie rurale du Mali – pour les céréales – ou AfricaRice à Cotonou – pour le riz –, afin de mettre au point de nouvelles variétés hybrides.

Mais le cœur des activités de la fondation, en matière de biotechnologies, se situe au Kenya. Le groupe suisse y finance, à raison de 750 000 euros par an, le Biosciences Eastern and Central Africa Hub, une structure scientifique destinée à accueillir et fédérer des programmes de recherches africains sur les biotechnologies animales et végétales. Surtout, elle travaille avec l’Institut kényan de recherche agricole sur la mise au point d’un maïs doté de gènes de résistance aux insectes. La firme suisse n’est jamais loin du géant américain.

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