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DossierAssurances: Le grand public en ligne de mire

17/02/2011 à 17:47
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Le groupe NSIA commercialisera dans les prochains mois un produit de microassurance santé. Le groupe NSIA commercialisera dans les prochains mois un produit de microassurance santé. © Vincent Fournier/J.A.

Couvertures santé ou décès, offres inspirées de la micro­finance… Telles sont les pistes envisagées pour toucher une plus large cible. Mais il faudrait aussi que les autorités revoient à la hausse les obligations légales de s’assurer.

Les professionnels s’en félicitent tous les jours. Les assurances progressent chaque année un peu plus en Afrique subsaharienne et commencent à prendre leur place dans les économies de cette zone. Les grandes entreprises, notamment les multinationales, figurent parmi les premiers clients, désireuses qu’elles sont d’assurer les principaux risques auxquels elles s’exposent. Les sociétés moyennes s’y mettent aussi, souvent à la suite d’un premier sinistre. Mais, à part aux extrémités du continent (l’Afrique du Nord et l’Afrique du Sud représentent toujours plus de 95 % du marché), le grand public continue à largement bouder les assurances en tout genre.

Méconnaissance et méfiance

Question de réputation ? « Il n’y a pas qu’en Afrique qu’on parle d’assureur-voleur », plaisantait ainsi Olivier Nebout, directeur général adjoint de NSIA Côte d’Ivoire, lors d’une récente conférence organisée à Paris par l’association African Business Club. « Mais nous militons pour un contrôle plus serré. Les compagnies qui gangrènent le marché doivent être sanctionnées. »

La Conférence interafricaine des marchés d’assurances (Cima, qui couvre 14 pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale) semble désormais bien consciente du problème et a prononcé plusieurs retraits d’agrément. Mais ce n’est pas l’unique problème. « Le sous-développement de l’assurance tient au faible niveau de vie mais aussi à la méconnaissance. Il y a un important travail de marketing à faire de la part des assureurs », explique Jean-Claude Jeanson, directeur général d’Ascoma Côte d’Ivoire et responsable Afrique de l’Ouest pour le courtier panafricain.

Parmi les besoins longtemps ignorés par la profession, l’assurance santé. Une méfiance qui se justifie aisément : « Le problème principal était la fraude importante sur ce type de produits, d’autant plus coûteuse que les assureurs interviennent dès le premier euro de dépenses de santé », estime Mohamed Bah, directeur général délégué de Sunu Assurances. Les courtiers, ces intermédiaires entre les clients et les assureurs, s’en sont du coup fait une spécialité dans la région : Ascoma et Gras Savoye y ont acquis des positions dominantes en proposant aux entreprises de prendre en charge la couverture santé de leurs employés. « Nous avons développé un véritable régime d’assurance santé, avec un système de tiers payant », ajoute Jean-Claude Jeanson.

Le Mali, un pays-pilote

Conscients du potentiel des produits santé, les assureurs s’y développent désormais. C’est le cas, par exemple, de NSIA. Le groupe panafricain d’origine ivoirienne a mis au point un produit d’assurance santé, Vitalis, qui prend en charge les soins pour les retraités. Surtout, il commercialisera dans les prochains mois un produit de micro­assurance santé. L’offre a été conçue par plusieurs assureurs de la région (NSIA, Cnart, Salama, CGA, Colina, Askia et Sonam) et le Centre international de développement et de recherche, un groupement associatif français. NSIA a par ailleurs fait du Mali son pays-pilote pour tous les types de produit de microassurance.

Car la microfinance appliquée à l’assurance semble bel et bien l’un des axes stratégiques adoptés par les assureurs subsahariens pour parvenir, enfin, à conquérir le grand public. Avec une double logique : des primes inférieures à l’assurance classique et mensualisées, et un système de distribution décentralisée, s’appuyant par exemple sur des institutions de microfinance existantes ou des regroupements professionnels. Fort de son expérience en Asie, Allianz (ex-AGF) est à la pointe de ces développements (lire encadré).

Mais les assureurs subsahariens s’attardent également sur une autre piste, plus coercitive… « Il faudra multiplier les obligations d’assurance, pour des impératifs d’ordre public : besoin de protéger les tiers en responsabilité civile, protection des biens des acquéreurs de maisons, retraite obligatoire par capitalisation, énumère Sidy Faye, directeur général de NSIA Sénégal. Tous les pays développés sont passés par ce stade. Ce qui y explique la prédominance des assurances des particuliers par rapport à celles des entreprises. »

Incitations fiscales

En zone Cima, en effet, les obligations légales d’assurances sont soit inexistantes (l’assurance habitation notamment), soit très mal respectées (assurance auto). « Si l’obligation d’avoir une assurance automobile était appliquée, le chiffre d’affaires auto des assureurs serait multiplié par deux », estime Claire Hamonic, responsable automobile et transport chez Allianz Africa.

Pour doper l’assurance vie, un produit à très fort potentiel auprès des salariés du secteur formel, les assureurs souhaiteraient également voir l’État prendre les choses en main. Non pas, cette fois-ci, sous la forme de la contrainte, mais par des incitations. « Le développement de l’assurance vie passera par des incitatifs fiscaux, lance Mohamed Bah. Les impôts étant prélevés à la source, l’idée serait de pouvoir déduire les primes versées dans le cadre de l’assurance vie. Le projet est bien avancé en Côte d’Ivoire. Une fois qu’il sera adopté, nous le porterons dans les autres pays de la Cima. » L’effet serait alors presque garanti, car les épargnants trouveraient dans le versement de cotisations d’assurance vie une façon à la fois d’épargner mais aussi de réduire leur imposition… Une carotte qui fonctionne partout dans le monde.

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