Extension Factory Builder

DossierAlgérie : détours vers le futur

11/11/2010 à 16:50
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Vue du port d'Alger, un centre stratégique de l'économie algérienne. Vue du port d'Alger, un centre stratégique de l'économie algérienne. © Fayez Nureldine/AFP

Des plans quadriennaux à celui dédié au soutien de la croissance, les choix ont été variés à travers les époques en matière de politique de développement en Algérie.

« Pourquoi le président, quand il auditionne ses ministres pour passer en revue la performance des secteurs dont ils ont la charge, n’associe-t-il pas les représentants de la société civile ? », s’interroge un célèbre avocat, qui déplore qu’Abdelaziz Bouteflika semble se confiner dans une tour d’ivoire, entouré d’une poignée de sherpas « eux-mêmes coupés de la réalité quotidienne du citoyen ».

Pour expliquer les revirements en termes de choix de développement, le ministre des Finances appelle à la rescousse l’histoire récente de son pays et, pour en justifier le bien-fondé, il exhibe un bilan chiffré. Mais comment élaborer une stratégie efficiente si l’on manque de mécanismes fiables de mesure de la demande, quand aucun sondage n’est fait pour identifier les besoins de la jeunesse, comme le rapporte notre envoyée spéciale ?

Il a fallu attendre 2010 pour se rendre compte que l’État propriétaire et principal employeur ne dispose pas d’un recensement de ses entreprises. La raison est toute simple : « On n’y avait pas pensé avant ! » Dire que plusieurs dizaines de milliards de dollars ont été injectés dans un secteur public moribond pour faire croire au mirage du plein-emploi…

Il a fallu attendre trois plans quadriennaux durant les années 1970, un plan antipénurie sous l’ère Chadli, un plan d’ajustement structurel en 1994, un plan de soutien de la croissance et un autre pour sa consolidation, sous le magistère de Bouteflika, pour qu’on envisage la création, en juin 2010, d’un département ministériel chargé de la Prospective et de la Statistique. Incompétence des élites au pouvoir ? Sans doute pas, mais une propension tenace à éviter le débat contradictoire.

En droit, on évoque l’autorité de la chose jugée. En économie politique algérienne, cela devient l’autorité de la chose décidée. On ne débat pas de l’efficacité d’une décision prise par les puissants et on discute encore moins des éléments qui les ont poussés à la prendre. Ceux qui, hier, émettaient des réserves sur l’économie planifiée, sur « l’industrie industrialisante » ou le socialisme scientifique, étaient traités de contre-révolutionnaires et de suppôts de l’impérialisme avec, à la clé, une carrière brisée, voire un long séjour carcéral.

Aujourd’hui, la sanction est plus clémente pour ceux qui contestent l’utilité de la généralisation du crédit documentaire (Crédoc) comme mode de paiement des opérations de commerce extérieur. Ils sont tout de même soupçonnés de servir les intérêts des barons de l’importation qui « siphonnent » les réserves de change. Mais c’est déjà un débat contradictoire. Sauf qu’il intervient après la prise de décision. C’est légèrement en retard.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager
Flux RSS Jeune Afrique - Tenez-vous au courant des derniers articles publiés en souscrivant au fil d'information RSS de Jeune Afrique - En savoir plus
Widget jeune Afrique - Rassemblez les actus, les photos et les vidéos sur votre page personnalisée - EN SAVOIR PLUS