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DossierBénin : Objectif 2011

01/09/2010 à 11:53
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Sur la place de l'Étoile-Rouge, à Cotonou. Sur la place de l'Étoile-Rouge, à Cotonou. © De Agostini

Le Bénin a un rang à tenir, celui de pays modèle. Depuis qu’il a inauguré en 1990 la série des conférences nationales et, ensuite, éprouvé l’alternance sans accroc, il se doit de continuer à donner l’exemple. Cette année, c’est l’opposition qui a fait figure de précurseur en désignant un candidat unique pour la présidentielle de 2011. Elle a sauté le pas, décidé d’aller en rangs serrés, estimant qu’il n’y avait pas d’autres moyens pour vaincre. Il lui faudra quand même batailler pour convaincre.

Ce pays est finalement l’un des rares de la région où les chefs d’État sont jugés sur leur bilan. Une mauvaise gestion, un scandale ou simplement une conjoncture défavorable et on peut perdre le pouvoir. Cela vaut aussi pour l’opposition, qui se doit d’être constructive et unie pour gagner.

Scandale des "Madoff béninois"

À huit mois du scrutin, le président sortant, Boni Yayi, doit rendre des comptes. À son actif, notamment : la gratuité de l’école primaire, la mise en place de microcrédits pour les femmes et, d’une façon générale, la prise en compte du sort des plus démunis. Mais il doit aussi assumer les conséquences du scandale des « Madoff », ces apprentis banquiers qui, pendant quatre ans, ont soutiré leur épargne à des Béninois crédules. La présidence a enfin pris le dossier en main en juillet, et, désormais, chacun joue sa partition : le pouvoir cherche à éteindre l’incendie, l’opposition souffle sur les braises.

L’épreuve de force de 2011 se met en place. Ce sera bloc contre bloc et, malheureusement – osons la formule –, Nord contre Sud. En 2006, Boni Yayi était parvenu à dépasser ce clivage par la thématique du changement, en obtenant d’ailleurs un très bon score à Cotonou. Aujourd’hui, la bipolarisation politique contient les germes d’une fracture régionaliste. Garant de l’unité nationale, le chef de l’État n’a pas envoyé de signaux assez clairs à la population sur le sujet et, autour de lui, certains élus locaux prospèrent sur le clanisme. Quant à l’opposition, rassemblée sous la bannière de l’Union fait la nation (Un), elle invoque sans gêne la « frustration des électeurs du Sud » pour mieux masquer les dissensions entre barons, qui n’ont cessé de se bagarrer pour le contrôle de leur fief – reproduisant, au passage, les luttes séculaires entre Porto-Novo et Abomey.

Certains de l’acquis démocratique du pays et de la sagesse de leurs électeurs, les décideurs politiques aiment à se faire peur. Le plus souvent pour flatter leur « clientèle » et perpétuer leur statut d’autocrate. Aux Béninois de préserver l’essentiel : la concorde nationale.

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