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DossierTunisie : la bio aptitude

17/06/2010 à 11:58
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Rien ne sera plus comme avant. L’agriculture tunisienne, vieille de plusieurs millénaires, était l’un des piliers de l’économie nationale dans les années 1960, avec ses produits phare (huile d’olive, vin, agrumes et alfa). Mais, faute de moyens, son poids est tombé à moins de 10 % du produit intérieur brut en 2010.

Cette chute n’est cependant pas irrémédiable. À condition d’abandonner les méthodes archaïques, d’injecter du savoir-faire et de miser sur les avantages comparatifs du pays – des petits domaines agricoles de qualité – pour développer une véritable nouvelle chaîne économique et biologique, allant de la culture à la transformation industrielle, jusqu’à l’emballage.

Lancée il y a seulement dix ans, par conviction ou par mimétisme, l’agriculture bio est devenue cette année une priorité stratégique nationale. Grâce aux succès enregistrés sur le marché domestique et à l’étranger par quelques agro-entrepreneurs intrépides qui ont misé leur fortune dans un terroir 100 % naturel, la Tunisie fait partie des vingt-cinq leaders dans le monde agricole biologique. Ses paysans du XXIe siècle, que vous découvrirez dans les pages qui suivent, offrent une vaste gamme de produits bios, de l’huile d’olive à l’harissa, en passant par le miel, le blé, le poivron, la tomate, l’artichaut, l’amande, les dattes, les figues, les raisins… À ces produits bien connus – célébrés le 12 mai par la poste tunisienne avec l’émission d’une série spéciale de timbres – s’ajoutent des plantes aromatiques et médicinales.

Mine de rien, les superficies cultivées bios sont passées de 1 500 ha en 1999 à 330 000 ha aujourd’hui, dont plus de la moitié est déjà certifiée selon les normes internationales, et elles devront atteindre au moins 500 000 ha en 2014. Les produits bio ont désormais leur salon professionnel international (dont la première édition s’est tenue du 25 au 28 mars à La Soukra, dans la banlieue de Tunis) et leur semaine de dégustation grand public à l’échelle nationale (10-16 mai).

Les enjeux sont de taille. Consommer bio, c’est à la fois prendre soin de sa propre santé et de celle de la terre. Moins de pesticides, moins d’engrais chimiques, mais plus de doigté dans le traitement des semences, la cueillette et le transport. Cela coûte plus cher, mais cela rapporte plus. Le marché mondial est porteur (avec une croissance à deux chiffres et une demande évaluée à plus de 50 milliards de dollars en 2009). Premier producteur et exportateur mondial d’huile d’olive bio, la Tunisie devrait pouvoir passer à la vitesse supérieure dans d’autres créneaux, dans des marchés proches (l’Europe) comme lointains (l’Amérique du Nord et l’Extrême-Orient). La valeur des exportations, qui a déjà été multipliée par vingt en six ans, devrait encore doubler d’ici à 2014. Au profit de toutes les régions, car les produits bios poussent aux quatre coins du pays.

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