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DossierMalabo maintient le cap

03/06/2010 à 12:13
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La Guinée équatoriale a aujourd’hui les moyens de ses ambitions. Au fil des années, au fur et à mesure que son poids en hydrocarbures et en francs CFA augmente, elle conforte son rôle de carrefour régional. Sa nouvelle image aussi. Le chef de l’État, Teodoro Obiang Nguema, apparaît désormais régulièrement en compagnie des grands de ce monde. On l’a vu récemment avec la première dame, Constancia Mangue, aux côtés du couple Obama, lors d’un gala de charité. Le Cubain Raúl Castro et le chinois Hu Jintao l’ont reçu en visite officielle dans leur pays. Il a été le premier chef d’État d’Afrique subsaharienne à rencontrer le pape Benoît XVI au Vatican après l’élection de celui-ci… Et s’il n’a pas encore la renommée du défunt Omar Bongo Ondimba, le décès de ce dernier, en juin 2009, a fait d’Obiang Nguema le recordman de la longévité au pouvoir – près de trente et un ans – au sud du Sahara.

En janvier dernier, c’est la Guinée équatoriale qui est parvenue à rendre caduc l’accord (il est vrai obsolète) de Fort-Lamy sur la répartition des postes au sein de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac). Le sommet des chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) a adopté le principe de la rotation à la tête de toutes les institutions de la Banque centrale et a nommé l’Équato-Guinéen Lucas Abaga Nchama au poste de gouverneur de l’institution. Malabo avait déjà obtenu le privilège d’abriter le Parlement régional, inauguré en avril. « Le président Obiang Nguema fait partie des leaders… Et, pour la sous-région, c’est le doyen », a concédé le nouveau président gabonais, Ali Bongo Ondimba.

Le pays étend également son influence continentale. Tous les grands d’Afrique, parmi lesquels Mohammed VI, Abdoulaye Wade, Laurent Gbagbo ou, dernièrement, John Atta-Mills, passent dorénavant à Malabo et à Bata pour entretenir leurs bonnes relations ou placer leurs entreprises. D’autres viennent demander des conseils ou des « services ». En retour, ils font désormais plus volontiers pencher la balance diplomatique du côté de la Guinée équatoriale lorsqu’elle en éprouve le besoin. Le pays va ainsi accueillir le 17e sommet de l’Union africaine en juillet 2011 et la Coupe d’Afrique des nations en 2012. À l’échelle internationale, el presidente cherche à faire la promotion de son pays à grands coups de com’. Il participe au capital de médias, comme la chaîne Africa 24, et se paie même le luxe d’avoir un prix à son nom à l’Unesco.

Après avoir rejoint la Francophonie, en 1989, la Guinée équatoriale est aujourd’hui courtisée par la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), dont elle est membre observateur depuis sa demande d’adhésion, en 2004. Laquelle sera à l’ordre du jour du sommet des chefs d’État de la CPLP, en juillet prochain, à Luanda (Angola).

Mais le pays n’a pas que des amis et il le sait. Revers obligé de sa notoriété et du décollage économique accéléré, il est dans le viseur des associations de défense des droits de l’homme et d’ONG qui scrutent ses moindres faits et gestes. Les actions de ces « importuns », qui agaçaient profondément le doyen Omar Bongo Ondimba en son temps, le laissent plutôt indifférent. La prospérité donne de l’assurance.

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Sur un air de revanche

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