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DossierBanques : après la crise

04/06/2010 à 11:54
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Une agence CBIP-Banque Atlantique, à Paris. Une agence CBIP-Banque Atlantique, à Paris. © Vincent Fournier/J.A.

Les banques du continent sont confrontées de lourdes procédures et doivent montrer patte blanche pour obtenir l’autorisation d’installer des filiales, notamment en France.

Trente millions d’Africains vivent hors de leurs pays d’origine et envoient chaque année 40 milliards de dollars à leurs familles et communautés. Une manne financière considérable que les groupes bancaires africains, soutenus par leurs États, voudraient voir transiter sur leurs comptes plutôt que via les agences de transfert ou les réseaux informels. Sans compter l’accompagnement commercial des entreprises et l’accès aux devises.

Les membres de la diaspora ont longtemps privilégié les banques occidentales, aussi présentes sur le continent, pour leurs opérations bancaires. Aujourd’hui, les établissements made in Africa, devenus panafricains après une décennie de concentration du secteur, ont acquis l’assise et la notoriété nécessaires pour entrer dans le jeu. Pour les groupes bancaires d’Afrique francophone, la France, qui compte plus de 2,1 millions de résidents nés en Afrique, est le premier marché visé. Ils s’installent principalement en région parisienne, à Marseille ou à Lyon, pôles principaux de l’immigration en France. Viennent ensuite les pays du Benelux et l’Espagne.

Au compte-gouttes

Mais vouloir s’implanter ne suffit pas pour ouvrir des agences dans l’Hexagone. Car les banques africaines doivent montrer patte blanche afin de recevoir un agrément, sésame indispensable. Les autorités, échaudées par les affaires de corruption et le transfert d’argent sale ou à des fins de financement d’activités illicites, étudient particulièrement les dispositifs mis en place contre le blanchiment d’argent et le terrorisme. Selon notamment Christophe Joctane-Lawson, directeur des opérations internationales d’Ecobank, une banque africaine ne peut obtenir d’agrément en France sans des procédures solides et des outils informatiques contre ces fléaux. Au final, les autorisations sont délivrées au compte-gouttes, et peu de banques africaines ont pu s’implanter : Attijariwafa Bank, la Banque Chaabi, la BMCE, Ecobank, BGFI et, depuis avril, Bank of Africa. D’autres établissements ont uni leurs forces pour créer sur place des entités agréées. Ainsi de l’Union tunisienne de banques (UTB, filiale de banques publiques), ou encore de la Compagnie de banques internationales de Paris (CBIP, filiale de la banque sénégalaise CBAO), qui a noué une quinzaine d’accords avec des banques africaines.

Autre épreuve parfois décourageante : il faut au bas mot une année entre la demande et l’agrément. « Nous avons déposé notre demande en 2009, obtenu une autorisation avec des clauses suspensives la même année avant d’obtenir l’agrément en avril 2010 », détaille un cadre dirigeant de Bank of Africa. Et de conclure : « Les autorités françaises sont sans complaisance vis-à-vis des banques issues des pays non membres de l’OCDE. »

Ces lourdeurs administratives n’entament cependant pas l’enthousiasme d’un secteur en pleine croissance. Les grandes banques du continent affichent toutes leur volonté de s’étendre en Europe. Parmi les établissements francophones, les banques marocaines sont les plus présentes sur le Vieux Continent : Attijariwafa Bank y compte 51 agences (dont 23 en France), la Banque Chaabi 28 (dont 16 en France). Et, à peine installée à Paris, Bank of Africa lorgne déjà le marché belge. De son côté, UTB veut s’installer en Italie et en Allemagne, et internationalisera son nom pour devenir la « Tunisian Foreign Bank ».

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