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DossierAlgérie : Bouteflika III, acte I

10/05/2010 à 12:21
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Un an après la réélection d’Abdelaziz Bouteflika, l’Algérie est l’objet de toutes les interrogations. Le brutal changement de cap économique et l’abandon du libéralisme ont dérouté les investisseurs étrangers. Le retour en force de l’État dans la sphère économique et les nouvelles mesures protectionnistes n’en finissent plus d’exaspérer une grande partie des opérateurs, tous secteurs confondus, nationaux comme étrangers. Et la machine bureaucratique mise en branle pour veiller au respect scrupuleux des nouvelles règles du jeu, dont la très stricte régulation des opérations de commerce extérieur, n’arrange rien, loin s’en faut. Les résultats sont indéniables – la facture des importations a considérablement diminué –, mais, il n’empêche, investir en Algérie, commercer avec elle ou y créer son entreprise relève un peu plus encore du parcours du combattant qu’auparavant.

Sur le front social, c’est l’agitation permanente : grèves à répétition, revendications tous azimuts, émeutes sporadiques… La tension monte chaque jour un peu plus sans que l’on sache vraiment où s’arrêtera ce mouvement de protestation généralisée.

Politiquement, pas d’évolution, ou si peu. L’après-Bouteflika – son mandat s’achève en 2014 – n’est pas à l’ordre du jour. Il est le grand artisan de la dernière décennie. Sa succession, même lointaine, est un enjeu crucial, mais personne ne sait ce qui se passera alors. La perspective des législatives, prévues en 2012, elle, ne passionne pas grand monde. L’Alliance présidentielle demeure hégémonique, l’opposition peine à exister, à l’exception notable du Parti des travailleurs de Louisa Hanoune. Le renouvellement de la classe politique et l’émergence d’un véritable débat d’idées ? Cela ne semble pas être la priorité des partis algériens, toutes obédiences confondues…

Et puis il y a Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis onze ans. On le voit peu et on l’entend peu, moins qu’avant en tout cas. On le dit ébranlé par la disparition de sa mère, en juillet dernier, et la maladie dont souffre son frère et médecin personnel, Mustapha. Sa santé elle-même, lui qui échappa de justesse à la mort fin 2005, à la suite d’un ulcère hémorragique, demeure un sujet d’inquiétude et surtout l’objet des rumeurs – infondées – les plus folles.

Les journalistes se plaisent à deviner des complots partout, croyant voir dans les récents scandales de corruption touchant, entre autres, Sonatrach, l’illustration d’une guerre des clans au sommet de l’État, là où il faudrait peut-être plus simplement déceler le début de la fin d’une ère, celle de l’impunité.

Drôle d’ambiance, donc. La morosité est palpable, l’inquiétude latente. Les Algériens d’« en haut » comme ceux d’« en bas » ne savent pas vraiment comment le pays sortira de cette période délicate. Une bonne nouvelle, cependant : malgré ce contexte difficile, malgré les questions en suspens, l’État fonctionne, les dossiers sont gérés, les chantiers progressent. Ainsi va l’Algérie, qui doute mais qui avance.

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