DossierQue reste-t-il de Bourguiba ?

12/04/2010 à 15h:29 Par Abdelaziz Barrouhi
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Mansour Dagdoug, le cordonnier d'Habib Bourguiba. Mansour Dagdoug, le cordonnier d'Habib Bourguiba. © Mohamed Hammi pour J.A.

Bourguiba avait coutume de rappeler, en parlant de son enfance, que sa famille était tellement dans le besoin que ses chaussures étaient trouées et laissaient s’infiltrer l’eau. Devenu président de la République, et où qu’il se trouvât en Tunisie ou dans le monde, il faisait une marche de 3 à 4 km par jour, parfois matin et soir, souvent sur des pistes caillouteuses. Il usait encore ses chaussures.

Mansour Dagdoug (photo) était son cordonnier. Sa boutique se trouvait rue Chaabane-Bhouri, qui donne sur la place des Tripolitains, dans la médina de Monastir, en face de la maison paternelle du Combattant suprême.

« Il avait la réputation d’être attaché à ses chaussures, se souvient Dagdoug, et refusait qu’on lui en achète des neuves, ou même qu’on les répare. Comme il venait quasiment chaque semaine à Monastir et y passait l’été régulièrement, son chauffeur, Si Elmay, qui habite ce quartier, m’avisait dès le matin qu’il ne fallait pas que je parte déjeuner. Car il allait profiter de la sieste du président pour piquer les chaussures aux semelles usées et me les ramener. Je devais faire vite, car il fallait que Bourguiba les retrouve à leur place à son réveil. Mais il n’était pas dupe : en les mettant, il s’apercevait qu’elles avaient été rénovées. “Vous avez encore fait le coup…”, marmonnait-il. »

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