DossierLes 100 personnalités qui feront l'Afrique en 2010

19/01/2010 à 15h:36
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Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le rebelle Joseph Kony a longtemps été utile au président ougandais Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986. Face aux exactions de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), commises surtout à l’encontre des civils du nord du pays, Museveni pouvait se présenter comme l’indispensable gardien de la sécurité de l’État. Bizarrement, en plus de vingt ans de combats, l’armée ougandaise n’est pas parvenue à venir à bout de cette sanglante rébellion, et ce même après que cette dernière a cessé de recevoir l’aide du Soudan.

Aujourd’hui, le duel continue entre les deux hommes, mais Kony ne devrait plus pouvoir servir d’épouvantail. Affaiblis par l’opération conjointe menée par les armées ougandaise et congolaise entre décembre 2008 et mars 2009, décimés, pourchassés, les hommes de Kony seraient éparpillés entre la Centrafrique, la RD Congo et le Soudan. S’il existe toujours, leur pouvoir de nuisance a considérablement diminué. En route pour la présidentielle de 2011, sans véritable menace extérieure, Museveni va devoir répondre de sa politique intérieure. Son habituel rival – Kizza Besigye, le président du Forum pour le changement démocratique (FDC) – pourrait en tirer profit. 

 

 

Joseph Kony,  toujours en cavale (© Reuters) / Yoweri Museveni, en route pour la présidentielle de 2011 (© Reuters)

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