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DossierRwanda Inc.

15/12/2009 à 12:14
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Les superlatifs sont de mise dès lors que l’on aborde les performances du pays de Paul Kagamé. Le président rwandais fut le premier chef d’État africain à soumettre sa gouvernance à l’appréciation de ses homologues du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad), dans le cadre du mécanisme d’évaluation par les pairs. Saluée par les institutions financières internationales, la gestion des affaires publiques vaut également à ce pays le satisfecit d’ONG peu suspectes de complaisance à l’égard de gouvernants.

Quinze ans après un génocide dont le Rwanda est sorti exsangue, où il a perdu plus de 10 % de sa population, près de 90 % de ses élites politiques, scientifiques et économiques et 70 % de ses infrastructures, le résultat est en effet spectaculaire : consolidation des institutions, modernisation des structures et des mentalités, assainissement du climat des affaires, mesures pour la protection de l’environnement, taux de représentation des femmes dans les cercles décisionnaires (52,4 % des parlementaires) à faire pâlir d’envie les citoyennes des pays scandinaves…

Les succès enregistrés par le Rwanda ne relèvent pas du miracle, mais tiennent à la mise en œuvre d’une feuille de route, la Vision 2020, dont la conception et l’élaboration sont un modèle de démocratie, car elles ont associé toutes les catégories socioprofessionnelles, à tous les échelons, du district au sommet de l’État. Cette thérapie de groupe a permis d’identifier la meilleure stratégie pour réaliser quatre objectifs : augmenter le produit intérieur brut par habitant, réduire le taux de la population vivant sous le seuil de pauvreté, élever l’espérance de vie de 49 à 65 ans et parvenir à un taux d’alphabétisation de 90 %.

La réflexion et le débat contradictoire ont permis d’identifier les facteurs clés de la Vision 2020 : une bonne gouvernance, une agriculture à haute valeur ajoutée, un développement des ressources humaines, un recours aux nouvelles technologies de l’information et la réalisation d’infrastructures appropriées. Le tout mené avec le souci d’une rapide intégration régionale. Au fil des pages qui suivent, vous trouverez le bilan à mi-parcours de cette Vision, que d’aucuns trouvaient trop ambitieuse quand les Rwandais juraient de son réalisme.

Avant même de donner ses premiers fruits, la stratégie retenue a été qualifiée de « pragmatique ». Et c’est au nom de ce pragmatisme que la langue de Voltaire a commencé à perdre de son influence dans cette ancienne colonie belge qui a décidé, en 2008, de réformer les programmes des établissements scolaires et universitaires pour généraliser l’enseignement dans la langue de Shakespeare. Îlot de francophonie dans un bloc économique régional (Comesa) outrageusement dominé par l’anglais, le Rwanda a privilégié l’efficacité. C’est avec ce même pragmatisme que le pays a adhéré au Commonwealth, sans jamais renoncer à son appartenance à la Francophonie. Et tant pis pour ceux qui pensent que cette décision est une réaction à des querelles juridiques ou diplomatiques. C’est avant tout une histoire de méthode.

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