DossierLes 12 travaux d'Ali

17/11/2009 à 11h:51 Par Christophe Boisbouvier
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« Nous avions le doyen de la sous-région, maintenant nous avons le Petit Poucet… Nous savons bien que le leadership du Gabon c’est fini, reconnaît un diplomate de Libreville. Mais nous voulons être un maillon fort de la nouvelle chaîne de commandement. » Avec quel autre maillon ? C’est toute la question.

Par les liens de famille, ABO aurait dû se tourner naturellement vers le Congo. Mais depuis le décès, le 14 mars, d’Édith Lucie Bongo, épouse du président gabonais et fille du président congolais, les rapports entre les deux pays se sont compliqués. Ces derniers mois, le Gabon s’est plutôt tourné vers le Cameroun. Dès le 15 juin, veille des obsèques du « doyen » à Libreville, le Tchadien Idriss Déby Itno et le Centrafricain François Bozizé sont allés voir discrètement le Camerounais Paul Biya dans sa villa de la Cité de la démocratie et lui ont dit : « C’est toi, le nouveau doyen. » Et le 15 août, quand le Congolais Denis Sassou Nguesso a suggéré à Brazzaville – lors du sommet ad hoc de la Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) – l’idée de faire adopter par tous les candidats gabonais un code de bonne conduite, Ali n’a pas trop apprécié. Il a d’ailleurs été reconnaissant à Paul Biya de ne pas avoir fait le déplacement de Brazzaville.

Logiquement, c’est donc à Yaoundé que, dès le 11 septembre, le président élu a effectué sa première sortie à l’étranger. « Nous voulons renforcer l’axe Gabon-Cameroun, commente un décideur à Libreville. Comme la France et l’Allemagne, il faut que nos deux pays règlent toutes leurs divergences à huis clos avant de parler avec les autres pays de la sous-région. Le problème, c’est que Biya n’est pas très assidu aux sommets… »

Premier test fin novembre à Bangui (Centrafrique), à la prochaine conférence des chefs d’État de la Cemac. Après la révélation par Jeune Afrique du scandale de la Beac (Banque des États de l’Afrique centrale) – 19 milliards de F CFA détournés –, ABO a décidé de rappeler le gouverneur de la Banque centrale, le Gabonais Philibert Andzembé, en vue de son remplacement. Il donne des gages de bonne gouvernance à ses pairs pour obtenir la nomination d’un nouveau Gabonais. Forte de ses réserves en devises, la Guinée équatoriale lorgne-t-elle le poste ? Veut-elle casser le « consensus de Fort-Lamy », qui, depuis 1973, accorde le gouvernorat de la Banque au Gabon et fixe le siège à Yaoundé, au Cameroun ? Réflexion d’un conseiller d’Ali : « Comme le Cameroun a intérêt à maintenir les termes essentiels du consensus de 1973, on n’est pas trop inquiets. » À Bangui, l’axe Gabon-Cameroun sera à l’épreuve.

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