Depuis le putsch de Mohamed Ould Abdelaziz, le 6 août 2008, les relations entre Nouakchott et Tel-Aviv n’ont plus rien de diplomatique. Le 6 mars dernier, les autorités mauritaniennes ont donné quarante-huit heures à l’ambassadeur de l’État hébreu pour débarrasser le territoire. Une expulsion qui fait suite à l’annonce par « Aziz », le 16 janvier, du gel des relations entre les deux pays.
Jusqu’alors, la Mauritanie faisait figure d’exception : la République islamique était le seul pays de la Ligue arabe, avec la Jordanie et l’Égypte, à accueillir une ambassade de l’État hébreu. Une présence remontant à la signature d’un accord entre les deux pays, en 1999. À l’époque, Maaouiya Ould Taya – au pouvoir de 1984 à 2005 –, isolé sur la scène internationale, espère un appui américain en se rapprochant d’Israël.
Mais l’imposante bâtisse au drapeau bleu et blanc ne fera jamais l’unanimité à Nouakchott. Si les prédécesseurs de Mohamed Ould Abdelaziz, conscients des risques courus sur le plan international, n’ont pas cédé à la pression populaire, le général putschiste a préféré flatter la rue. Lors du mini-sommet arabe réuni à Doha, en pleine offensive israélienne « Plomb durci » contre la bande de Gaza, « Aziz » annonce le gel des relations. À son retour à Nouakchott, le 17 janvier, il est accueilli par des youyous. Et, au lieu de s’installer à l’arrière de son véhicule, s’offre un bain de foule pour savourer son triomphe. Dans la perspective du scrutin du 18 juillet dernier, le bénéfice était évident.
Sur le plan diplomatique, « Aziz » peut aussi désormais compter sur le soutien de Mouammar Kaddafi, qui a toujours dénoncé le pacte avec l’ennemi hébreu. Comme une condition sine qua non à un séjour du « Guide » en Mauritanie, l’expulsion de l’ambassadeur est intervenue trois jours avant l’arrivée de Kaddafi à Nouakchott. Depuis, le statu quo demeure entre la Mauritanie et Israël : ni le rétablissement ni la rupture proprement dite des relations n’est au programme.
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