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DossierCôte d'Ivoire: déclic électoral?

01/09/2009 à 06:03
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À force de répéter que l’élection présidentielle doit avoir lieu, elle va peut-être finir par se tenir. Le mantra, incantation ressassée pendant des mois et sur tous les tons, avait parfois des relents démagogiques ou sonnait plus ou moins juste, mais il a rempli son rôle : convaincre même ceux qui le professaient sans vraiment y croire.

Dans trois mois, la Côte d’Ivoire aura donc son élection. Ou dans quatre, peu importe finalement. L’essentiel est que la machine soit lancée et qu’elle ait atteint aujourd’hui une telle vitesse qu’il sera bien difficile de l’arrêter.

Il y a certes des esprits chagrins, qui ne cessent de chercher les indices d’un revirement de dernière minute. Avec des arguments rodés depuis longtemps sur un Laurent Gbagbo, dit « le Boulanger », toujours capable d’une nouvelle entourloupe, sur un Bédié ou sur un Ouattara qui, « sûrs de perdre », ne voudraient pas finalement affronter le verdict des urnes. Sans compter les rumeurs de bruits de bottes et autres complots…

Malgré tous les Cassandres, nous avons décidé d’y croire et revendiquons, en cela, la méthode Coué.

Une élection, donc, et après ? Combien de temps faudra-il à la Côte d’Ivoire pour se remettre de ces dix années de gâchis ? Pas si longtemps, si l’on en croit les hommes d’affaires et les banquiers, qui n’attendent que la stabilité politique pour relancer la machine économique. Les bases de la réussite passée sont encore là, il faudra restructurer les filières d’exportations, comme celles du café et du cacao, mais aussi des fruits ou du coton, remettre de l’ordre dans la fonction publique, lutter contre la corruption…

Cependant, la reprise économique, tirée par les matières premières, ne suffira pas à redonner à la Côte d’Ivoire son lustre d’antan. Il lui manquera deux choses : refaire son unité et rebâtir un modèle. L’unité nationale ne pourra se passer de la vérité, préalable à la réconciliation. La paix, depuis des années, n’a été qu’un vain mot. Dans les forums, dans les manifestations, on hurlait « on veut la paix » avec la même hargne que si l’on déclarait la guerre.

Contrairement à ce qu’ont laissé croire des hommes politiques ou à ce qu’ont écrit certains journalistes, la Côte d’Ivoire n’a pas été victime de la jalousie de ses voisins ni d’un complot néocolonial, elle a été victime de ses propres turpitudes. Pour reprendre la place de modèle, ou du moins son rang dans la région, le pays doit s’interroger sur les causes profondes de la crise. Il y a encore du chemin à faire. Et il faudra, là, bien plus que la méthode Coué.

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