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DossierGuinée Equatoriale, la politique du résultat

04/08/2009 à 16:36
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Avoir du pétrole est-il une malédiction ? C’est ce qu’affirment bon nombre de spécialistes de la question, qui en veulent pour preuve l’exemple de ces dirigeants africains dont les États exportent l’or noir depuis des décennies, sans réussir pour autant à se muer en pays de cocagne. Pour expliquer cette situation, ces mêmes décideurs mettent en avant le poids de la dette extérieure, qui empêcherait le progrès. Ou encore les miettes que leur reverseraient les multi­nationales pétrolières. Le salut, dans ces conditions, n’est possible, disent-ils, que si leurs États accèdent au statut de pays pauvres très endettés (PPTE), afin de bénéficier de la mansuétude de la communauté financière internationale. Soit.

Mais comment, alors, expliquer le grand bond en avant réalisé en une décennie par la Guinée équatoriale, qui était hier encore la risée de ses voisins ? Comment expliquer que ce petit pays sous-peuplé se soit constitué, grâce à la manne pétrolière, d’immenses réserves monétaires ? Qu’il ait pu multiplier son produit intérieur brut (PIB) par habitant par 85 en quinze ans et lancer d’importants chantiers afin de se doter d’infrastructures de base dont il a le plus grand besoin ?

Pour avoir visité plus d’une fois la Guinée équatoriale, je pense que les réponses à toutes ces interrogations se résument en peu de mots : volonté politique et constance.

Cependant, beaucoup reste à faire dans cet État qui a réussi la performance de sortir de la catégorie des pays les moins avancés (PMA). Économiquement, malgré une croissance soutenue et la construction d’infrastructures lourdes, le pays sait qu’il doit désormais parachever sa stratégie de l’après-pétrole pour assurer sa diversification, mais aussi investir davantage dans les équipements éducatifs, sanitaires et sociaux, qui accusent encore un retard certain.

L’indice de développement humain du pays (classement établi par le Pnud et fondé sur les indicateurs de santé, d’éducation et de niveau de vie), lui, reste très moyen. Même si son rang progresse, la Guinée équatoriale est classée en 115e position sur 179 pays, alors que ses revenus devraient lui permettre de prétendre à une bien meilleure place. Ces insuffisances, notamment en matière de formation, freinent l’évolution sociale du plus grand nombre. Elles pourraient aussi finir par ralentir l’essor économique.

Sur le plan politique, la faiblesse de la représentation de l’opposition parlementaire à l’Assemblée nationale, où la majorité présidentielle compte 99 députés sur 100, témoigne du chemin qui reste à parcourir pour concrétiser l’ouverture démocratique souhaitée par le président en 1991.

Autant de défis à la portée d’un pays qui n’a de cesse de poursuivre son ascencion. En résolvant ces trois équations, la Guinée équatoriale pourra alors démontrer que le pétrole peut, aussi, être une bénédiction.

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