Premier roman en français d’une Africaine, Une si longue lettre marque l’histoire littéraire et celle du féminisme sur le continent. Pour la première fois, le drame de la polygamie est dénoncé avec force, et c’est l’homme, plutôt que la tradition, qui est désigné comme premier responsable de l’aliénation féminine. Le succès fut immédiat. À travers toute l’Afrique, les femmes se sont reconnues dans le drame vécu par Ramatoulaye, épouse responsable et instruite, qui écrit sa souffrance muette lorsque son mari décide de prendre une autre épouse. À l’inverse, Aïssatou, à qui s’adresse ses lettres, a choisi le divorce en découvrant la liaison de son mari avec une autre femme. Et c’est ce « non » d’Aïssatou refusant de se soumettre à la loi du patriarche qui fait du bref livre de Mariama Bâ l’une des œuvres révolutionnaires du corpus littéraire africain.
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Les trois Grâces des lettres sénégalaises