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Dossier1999-2009: Les années Bouteflika

24/02/2009 à 14:32
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Un long chemin Un long chemin

Alger, fin 1999. Je découvrais El Djazaïr, pays mythique à mes yeux, dont je ne savais rien ou presque. Tout juste quelques images relayées par les médias. Des images de violence, de sang et de destruction. L’interruption du processus électoral en janvier 1992, l’insurrection islamiste, les prêches enflammés de Madani et Benhadj, les années de terreur et leur cortège d’horreurs. Rien, vraiment rien de comparable avec le Maroc et la Tunisie voisins, relativement sereins. J’ai été profondément marqué par cette première découverte de l’Algérie. Et surtout par les Algériens eux-mêmes. Leur formidable capacité à résister, à avancer, à regarder quand même un avenir que d’aucuns leur prédisaient encore plus sombre m’épatait.

Dix ans après, ceux qui n’ont pas connu l’Algérie de la fin des années 1990 ne peuvent pas mesurer l’ampleur du chemin parcouru depuis. Ce « Plus » vous propose donc de plonger au cœur de cette décennie charnière et de dresser un bilan des « années Boutef » : ce qui a changé dans de nombreux domaines, mais aussi ce qu’il reste à accomplir. L’État – et Abdelaziz Bouteflika lui-même – a reconnu un certain nombre d’erreurs, de tâtonnements et de lenteurs. La notion du temps n’est jamais la même chez les gouvernants et au sein de la population. Celle du chef de l’État, d’ailleurs, est assez particulière. Bouteflika n’est pas un homme qui agit dans l’urgence ni même dans la précipitation. Il se montre particulièrement soucieux de stabilité. Chacun son rythme… Mais nombreux sont les Algériens qui voudraient – comment ne pas les comprendre – que la métamorphose de leur pays s’accélère davantage.

En dix ans, l’Algérie a sorti la tête de l’eau, alors qu’on allait jusqu’à prédir son naufrage. En dix ans, l’Algérie a construit plus d’infrastructures, de logements ou d’écoles qu’en presque quarante ans d’indépendance. En dix ans, l’Algérie s’est forgé une image internationale de nation influente, respectable, parfois même enviée. Bref, en dix ans, l’Algérie est tout simplement revenue de l’enfer.

Certes, les Algériens restent confrontés aujourd’hui aux mêmes difficultés, surtout les jeunes : trouver un emploi, un logement, un salaire décent, se construire une vie « normale », faite d’espoir, de défis, d’envies. Avec moins de tracas quotidiens, moins de tabous, moins de pesanteurs sociales. Toutefois, ces problèmes se posent avec beaucoup moins d’acuité qu’au début des années 2000. Un progrès certain, mais pas le bout du tunnel… En avril prochain, Abdelaziz Bouteflika briguera un troisième mandat. Nul doute qu’il l’obtienne. Son plus grand défi est ailleurs. Il sait ce qu’attendent ses compatriotes : croire en leur pays et, surtout, en leur avenir. Il reste du chemin à parcourir.

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