Extension Factory Builder

DossierLe défi jeune

11/12/2008 à 16:20
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

De l’émancipation des Tunisiennes, on a déjà tout dit : l’exception de leur statut dans le monde arabe, leur promotion par l’État tunisien, qui en fait la « vitrine » de sa modernité et de son progressisme. « Les femmes tunisiennes, c’est la pilule moins le MLF [Mouvement de libération des femmes, NDLR] », résume avec ironie… un homme. Pas de féminisme doctrinaire, en effet, chez les jeunes Tunisiennes, mais une mentalité de battantes. Avec pour seules limites celles de la norme sociale. « Difficile d’être anticonformiste et de s’assumer comme telle, explique Sonia, jeune mariée de 29 ans. Le regard de la société est omniprésent. » Un regard qui ne manque pas, parfois, de toiser la jeunesse à l’aune de la tradition et des convenances.
Souvent commenté, le choix de porter le voile, de plus en plus fréquent, est, pour la plupart des jeunes Tunisiennes, une façon d’affirmer et de mettre en valeur leur appartenance au monde oriental. Cela ne les empêche pas de se maquiller, de prendre un soin tout particulier à marier les couleurs et les étoffes, et encore moins de travailler. « Oui, les jeunes femmes sont de plus en plus voilées, reconnaît un universitaire. Mais, paradoxalement, c’est pour pouvoir vivre plus facilement et plus intensément leur vie de femme. » Du voile protecteur au voile émancipateur, il n’y aurait donc qu’un pas ? Voilà qui hérisserait les tenantes du féminisme à l’occidentale. En tout cas, avec ou sans voile, les choses continuent d’évoluer pour les jeunes Tunisiennes, quelle que soit leur classe sociale.

Ainsi, elles sont de plus en plus nombreuses à travailler, malgré le chômage, qui les touche plus que les hommes de leur âge. Poursuivant un objectif : acquérir leur autonomie financière. « Même si elles n’ont pas de diplôme et qu’elles doivent aller à l’usine, explique Maya, même si c’est plus difficile, elles préfèrent travailler. C’est une question de dignité. »
Et c’est tout le modèle du couple qui en est affecté : les femmes dépendent beaucoup moins de leurs maris et ne veulent plus se contenter du seul rôle d’épouses. Du coup, elles sont aussi de plus en plus nombreuses à vouloir ménager leur relation de couple. Ne plus seulement être mère, mais vivre pleinement leur vie de femme… et d’amoureuse.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager
Flux RSS Jeune Afrique - Tenez-vous au courant des derniers articles publiés en souscrivant au fil d'information RSS de Jeune Afrique - En savoir plus
Widget jeune Afrique - Rassemblez les actus, les photos et les vidéos sur votre page personnalisée - EN SAVOIR PLUS