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DossierLe défi jeune

11/12/2008 à 16:10
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Comme ailleurs en Afrique, la jeunesse tunisienne est aujourd’hui l’objet de toutes les attentions (officiellement du moins) de la part des politiques. Il était temps… En Tunisie, les seuls 15-29 ans représentent près de 30 % de la population. Et 80 % des programmes d’aide ou de développement de l’État leur sont destinés. Lancée en juillet, une consultation géante réalisée auprès de trois millions de jeunes, filles et garçons, de moins de 30 ans, vient de s’achever, le 20 septembre. Les résultats de ce « dialogue global » sont attendus avec impatience : il s’agit à la fois de leur permettre d’exprimer leurs points de vue - perception de leurs situations, envies, rêves ou problèmes -, mais aussi d’écouter leurs suggestions. Parce qu’il n’y a pas de politique valable sans diagnostic complet et objectif, cette consultation est primordiale.
Mais le défi le plus important, et certainement le plus délicat, qu’auront à relever les dirigeants tunisiens concerne l’emploi. Les jeunes sont aujourd’hui mieux formés qu’hier, leurs cursus s’allongent, même s’ils ne semblent pas toujours en parfaite adéquation avec les besoins d’une économie elle-même en perpétuelle adaptation aux règles du marché, à la concurrence internationale et à l’évolution rapide des secteurs secondaire (textile) et tertiaire (banque et finance, nouvelles technologies, tourisme). Hélas, leurs diplômes ne leur garantissent plus, loin s’en faut, un travail à la hauteur de leurs études, voire un travail tout court…
Au-delà des évidents problèmes sociaux que le chômage des jeunes peut poser, c’est surtout le manque de perspectives, de projets et d’horizon commun qui constitue le cœur du défi. Parce qu’une jeunesse qui a peur de l’avenir, qui manque de confiance en ses aînés mais aussi en elle-même, ou qui ne s’inscrit pas dans un projet de société est la pire des choses qui puisse arriver à une nation. Au-delà des discours et des déclarations d’intention, des colloques ou des conférences, c’est d’actes que nos enfants ont besoin. En commençant par les considérer comme les acteurs à part entière d’aujourd’hui et pas seulement de demain. En ne déléguant pas à l’État cette lourde responsabilité comme on se débarrasse d’un problème qu’on ne sait pas - ou qu’on ne veut pas - résoudre. En Tunisie et partout ailleurs sur le continent.

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