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DossierInformatique: Solutions et services africains

11/12/2008 à 15:39
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Le marché africain des services informatiques devrait connaître une hausse de 20 % à 30 % par an, à comparer avec les 5 % à 10 % en Europe et aux États-Unis. Le Maroc, la Tunisie et l’Algérie font figure de pays locomotives, tandis que la Côte d’Ivoire et le Sénégal tirent le marché ouest-africain.

Des grands groupes aux sociétés locales, tous estiment que l’informatique en Afrique présente un potentiel de croissance comparable à celui de la téléphonie mobile. « Chez HP, nous considérons l’Afrique comme un marché très prometteur », souligne Fouad Jellal, directeur pour l’Afrique francophone de Hewlett-Packard, qui vient de lancer un projet baptisé « African Opportunity » destiné à accroître la présence du numéro un mondial sur le continent. Plus que sur les besoins en équipements (ordinateurs, imprimantes, serveurs et logiciels), les industriels comme lui misent sur les services (maintenance, intégration de systèmes, formation et conseil, création de solutions…), un secteur appelé à connaître une croissance de 20 % à 30 % par an en Afrique, contre 5 % à 10 % dans les pays industrialisés.

HP en Libye à l’horizon 2011

Principaux acteurs, les sociétés de services en ingénierie informatique (SSII) totalisent un chiffre d’affaires mondial de 748 milliards de dollars, d’après une étude du cabinet Gartner, publiée en mai 2008. Sous l’effet de la concurrence, leur présence en Afrique se renforce significativement : leur nombre est estimé à 1 500 au Maroc, autant en Tunisie. Elles proposent des services dans le conseil, l’intégration de systèmes et l’externalisation. Les fleurons internationaux, comme Accenture, Unilog ou Capgemini, disposent déjà de filiales sur le continent, notamment au Maroc. Présent à Casablanca, HP prévoit d’ouvrir une représentation en Côte d’Ivoire et en Libye à l’horizon 2011.
Si les premières SSII implantées en Afrique élaboraient essentiellement des systèmes pour les banques et les sociétés d’assurances, leur activité s’est depuis largement diversifiée, touchant la plupart des secteurs de l’économie, et une concurrence locale a vu le jour. Les sociétés marocaines M2M et S2M vendent ainsi des systèmes de paiement partout sur le continent. Dans le domaine de la gestion, GFI Maroc - dont le chiffre d’affaires croît de 15 % à 20 % par an et devrait dépasser 700 millions d’euros cette année, dont un tiers à l’export - a équipé une centaine d’entreprises marocaines en progiciels Sage, et propose désormais à l’international des services qui leur sont associés.
En Afrique subsaharienne, des SSII, comme Chaka, au Sénégal, sont devenues incontournables. Fondée en 1994 par Meïssa Ngom, Chaka opère dans les plates-formes vocales permettant aux clients de recueillir des informations à distance. Elle équipe également l’opérateur Sonatel, grâce à un appel d’offres remporté en concurrence avec des géants mondiaux comme Alcatel et Siemens. En Côte d’Ivoire, la SSII Inova, créée en 2003, dégage un chiffre d’affaires de 1,3 milliard de F CFA (2,2 millions d’euros). Spécialisée dans la formation et l’ingénierie du logiciel, elle propose ses services au Mali, au Sénégal et au Burkina, dans des secteurs aussi variés que la production ou la distribution d’eau et d’énergie, l’administration ou la téléphonie mobile.
« Dans le nord de l’Afrique, il y a de solides SSII. Elles sont capables de proposer des prestations répondant aux standards internationaux en matière de conseil et de création de logiciels. En revanche, en Afrique subsaharienne, l’offre se limite bien souvent à la simple intégration », déplore Richard Nouni, directeur général de CFAO Technologies, l’une des plus importantes SSII africaines, avec un chiffre d’affaires de 110 millions d’euros. En d’autres termes, les SSII au sud du Sahara s’appuient sur les technologies existantes et les mettent en opération, achetant, par exemple, pour le compte de leurs clients des routeurs chez Cisco, des logiciels chez Oracle et des serveurs chez IBM. Tandis qu’au Maghreb, bon nombre de SSII sont devenues en complément des éditeurs de logiciels d’applications. Dans le domaine de la monétique, les sociétés marocaines se sont transformées en véritables leaders africains, et participent à des appels d’offres internationaux.

SSII en surnombre au Cameroun

Le développement de logiciels n’en est qu’à ses débuts en Afrique sub­saharienne. Il s’agit souvent de marchés de niche, comme le règlement de factures d’électricité par SMS ou des applications pour gérer des centres d’appels. Richard Nouni prend pour exemple les multiples solutions développées par différentes SSII au Cameroun pour gérer les écoles, et regrette qu’elles ne soient pas exportables, faute de réponse globale à la problématique des établissements scolaires. Dans la plupart des pays, de nombreuses SSII africaines demeurent fragiles, cantonnées dans des niches, sans espoir de pouvoir se développer à l’international. Pourtant, selon le patron de CFAO Technologies, le continent « dispose de tout ce qu’il faut en termes de demande intérieure, d’une main-d’œuvre bon marché et d’ingénieurs de qualité ». Mais l’informatique africaine, en ordre dispersé, est encore loin d’être en mesure d’approcher le modèle indien, qui a vu Bangalore devenir une cité mondiale.

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