DossierLe Bas-Congo, province pionnière

10/12/2008 à 13h:59 Par Muriel Devey
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Des paysages à couper le souffle.Une histoire et une culture tout aussipuissantes. C'est cela, aussi, le Bas-Congo.

Dans le district du Bas-Fleuve, le Parc marin des mangroves de Moanda est une merveille. Créé en 1992, il s’étend sur 768 km2, dont 20 % sur l’océan Atlantique. On y contemple lamantins et tortues marines et, sur la terre ferme, des buffles et des hylochères. Depuis deux ans, le parc bénéficie du soutien du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et du Fonds mondial pour l’environnement (FME). Un financement pour la protection et la valorisation du patrimoine qui pourrait aussi contribuer à promouvoir le tourisme, un secteur que les autorités provinciales souhaitent développer.


Facilement accessible et doté d’un patrimoine naturel, artistique et architectural indiscutable, le Bas-Congo manque encore d’infrastructures hôtelières. Il en a assez toutefois pour permettre à quelques privilégiés de s’offrir des balades à couper le souffle, visiter le barrage d’Inga (voir p. 79), admirer les chutes du même nom ou descendre le fleuve en bateau jusqu’à la mer. La province abrite d’autres chutes (notamment celles de Zongo), les grottes de Loff et celles « aux poissons aveugles ». Sans oublier les pittoresques cavernes des pêcheurs de kossa kossa, sur l’estuaire. Ni le jardin botanique de Kisantu, dans la commune de Madimba : un bijou de verdure à vocation scientifique et pédagogique de 225 hectares, pour quelque 4 500 espèces végétales, des pépinières, une collection de semences, un arboretum de près de 200 espèces domestiques et un herbarium de 6 000 spécimens. Créé en 1900 par le frère jésuite Gillet et récemment réhabilité, ce jardin, qui abrite la seule école horticole du pays, en plus d’un musée et d’une bibliothèque, accueille quelque 20 000  visiteurs par an.


Sur le plan historique, l’empreinte des périodes précoloniale et coloniale est visible partout. Boma, par exemple, abrite la plus vieille église catholique du pays, la première résidence du gouverneur général du Congo et le célèbre « baobab au tronc creux » où l’explorateur Stanley (arrivé le 9 août 1877) a passé ses premières nuits. Et face à Matadi, sur les collines de la rive droite, subsistent les rares vestiges de Vivi, qui fut la première capitale de l’État indépendant du Congo, en 1885. Matadi, bien sûr, mais aussi les petites gares égrenées le long de la voie ferrée, sont autant de témoins du passé.


L’histoire du kimbanguisme (voir p. 66) et de son fondateur Simon Kimbangu se découvre à Nkamba, la cité « sainte » où naquit le prophète. Et pour vivre la culture kongo, rien de mieux que d’aller dans les villages et les quartiers populaires des villes pour admirer les œuvres de ce peuple de sculpteurs et d’ébénistes, écouter les musiques du Kintueni, dans le Bas-Fleuve, ou le Kilombo des Cataractes.


Enfin, les nombreux instituts universitaires du Bas-Congo rappellent sa dimension intellectuelle, qui a vu naître des personnalités célèbres, dont Joseph Kasa-Vubu, le premier président du Congo indépendant.

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