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Photographie : bienvenue en enfer, dans le Zimbabwe de Robert Mugabe !

17/01/2013 à 16:50 Par Séverine Kodjo-Grandvaux
Robert Mugabe lors d'un discours en 2008. Robert Mugabe lors d'un discours en 2008. © AFP/Alexander Joe

En esthète désespéré, le reporter néo-zélandais Robin Hammond jette un regard très sombre sur le Zimbabwe du président Robert Mugabe.

Silhouettes décharnées, visages défigurés, corps brisés, cadavres à peine ensevelis, enfants abandonnés... c'est à une longue et oppressante descente en enfer que nous convie Robin Hammond. Un voyage qui lui a valu deux séjours en prison et dont il est revenu avec des photographies saisissantes qui décrivent un pays à l'agonie : le Zimbabwe de Robert Mugabe. L'un de ses contacts, le militant des droits de l'homme Paul Chizuze, a quant à lui disparu. Il l'avait aidé à rencontrer des familles déplacées au cours de l'opération Murambatsvina, un violent mouvement de représailles mené par les soldats de Mugabe après les élections de 2005. Paul Chizuze devait également conduire Robin Hammond dans le Matabeleland et lui présenter des victimes des massacres de Gukurahundi (« première pluie de printemps qui lave la paille », en shona), nom de code de la répression sanguinaire que Mugabe mena dans les années 1980 contre toute personne soutenant l'Union du peuple africain du Zimbabwe (Zapu, le principal parti d'opposition de l'époque).

Regroupés au sein d'un ouvrage publié avec le soutien de la Fondation Carmignac Gestion, les clichés du photographe-reporter néo-zélandais mettent mal à l'aise tant l'esthétique qu'ils dégagent contraste fortement avec la dureté des réalités qu'ils donnent à voir : séquelles et vestiges de la folie meurtrière des différentes vagues de répression de l'opposition ; désastres causés par la propagation du virus du sida (un enfant sur 4 est orphelin à cause du VIH), conséquences désastreuses de l'effondrement de l'économie et de la réforme agraire qui expulsa des terres aussi bien les fermiers blancs que les quelque 500 000 ouvriers agricoles noirs qui y vivaient ; danger de l'exode vers l'Afrique du Sud... « Robin Hammond, écrit Wilf Mbanga, le rédacteur en chef du journal The Zimbabwean, a saisi avec une justesse déchirante la destruction de nos rêves - réduits en lambeaux sanglants. » Un travail sombre, salutaire, qui révèle également la résilience d'un peuple qui résiste à la barbarie et au ­désespoir.

Cliquez ici pour accéder au site Web du phtographe Robin Hammond

 

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