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Somalie : revoilà les Anglais

20/02/2012 à 12:15 Par Chérif Ouazani
William Hague, chef de la diplomatie britannique. William Hague, chef de la diplomatie britannique. © AFP

Un nouvel ambassadeur à Mogadiscio, une conférence à Londres... Les Britanniques reprennent pied en Somalie.

L'intérêt croissant de la Grande-Bretagne pour la Corne de l'Afrique se confirme. À l'initiative de David Cameron, le Premier ministre britannique, une conférence internationale consacrée à la Somalie doit se tenir à Londres le 23 février. William Hague, le chef de la diplomatie, s'était déjà rendu, le 2 février, en visite-surprise à Mogadiscio. C'était le premier déplacement d'un responsable européen de ce niveau depuis plus de vingt ans. Il était accompagné de Matt Baugh, qui a présenté ses lettres de créance au président, Cheikh Cherif Cheikh Ahmed, en tant qu'ambassadeur de la Grande-Bretagne en Somalie.

De nombreuses personnalités sont attendues à Londres, parmi lesquelles Jean Ping, le président de la Commission de l'Union africaine (UA), et trois chefs d'État de l'Afrique de l'Est : Yoweri Museveni (Ouganda), Mwai Kibaki (Kenya) et Ismaïl Omar Guelleh (Djibouti). Au préalable, ce dernier avait convoqué une réunion du Groupe de contact international (GCI) pour la Somalie afin de faire le point sur la situation militaire, politique et humanitaire. Organisée le 6 février à l'hôtel Kempinski de Djibouti, cette rencontre a confirmé le 31 août comme date butoir pour la fin de la transition, qui doit conduire à l'élaboration d'une Constitution. Les participants se sont félicités des succès remportés par l'armée gouvernementale, appuyée par l'Amisom, une force de l'Union africaine (UA). Mais, deux jours plus tard, un terrible attentat kamikaze a endeuillé Mogadiscio, faisant au moins onze morts et des dizaines de blessés.

Les menaces des milices Shebab contre les jeux olympiques sont prises très au sérieux

Le regain d'intérêt britannique pour la Somalie répond à des préoccupations d'ordre politique et sécuritaire. D'abord, la crise dans laquelle se débat ce pays affecte l'ensemble de la zone d'influence britannique en Afrique de l'Est. Ensuite, la piraterie au large du Golfe d'Aden prend des proportions inquiétantes. Enfin, les menaces des milices Shebab de perpétrer des actes terroristes lors des Jeux olympiques de Londres sont prises d'autant plus au sérieux qu'une importante communauté somalienne réside sur les bords de la Tamise.

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