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Mali : au moins deux morts dans des combats au camp militaire de Djicoroni, à Bamako

08/02/2013 à 10:30 Par Jeune Afrique
L'entrée du camp de parachutistes de Djicoroni, à Bamako. L'entrée du camp de parachutistes de Djicoroni, à Bamako. © Habibou Kouyaté/AFP

Des affrontements ont eu lieu, vendredi 8 février, dans le camp du Régiment des commandos parachutistes (RCP) de Djicoroni, à Bamako. Le quartier général des "Bérets rouges", fidèles à l’ex-président Amadou Toumani Touré, a été assiégé par différents corps des forces de sécurité. On compte au moins deux morts, des adolescents.

Mis à jour le 09/02 à 09h39.

Les divisions de l’armée malienne resurgissent au plus mauvais moment. Le camp des commandos parachutistes (les « Bérets rouges ») de Djicoroni, à Bamako, a été assiégé par différents corps des forces de sécurité. « Depuis 06H00 (locales et GMT), des militaires lourdement armés, tous corps confondus, ont attaqué le camp. En ce moment même, ils sont en train de tirer sur nos femmes et nos enfants », avait déclaré à l'AFP en milieu de journée Yaya Bouaré, un Béret rouge se trouvant dans le camp attaqué.

Il y a plusieurs blessés dans le camp, a-t-il ajouté. Ses propos ont été confirmés par des habitants et des journalistes indépendants sur place. Et en fin de journée, on apprenait qu'au moins deux personnes, des adolescents, avaient été tués et treize autres blessées.

On ne sait pas encore précisément comment les troubles ont débuté, mais un témoin a affirmé que des coups de feu en l'air avaient été tirés par les Bérets rouges eux-mêmes dans la nuit de jeudi à vendredi, et que leurs femmes s'étaient massées à la porte d'entrée du camp. « Le chef d’état-major a pris des mesures disciplinaires contre quelques parachutistes, et certains d’entre eux qui n’étaient pas d’accord se sont réveillés ce matin et ont commencé à tirer en l’air », a affirmé à l’agence Reuters le ministre malien de la Défense, le colonel-major Yamoussa Camara.

Réaffectations

Le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, a vivement condamné dans la soirée les « tirs fratricides » entre soldats maliens, lançant un nouvel appel à « l'union sacrée indispensable », en pleine reconquête du nord du Mali. « Je vous demande d'arrêter définitivement ces affrontements répétés au sein de l'armée malienne qui doit tout faire pour se ressaisir et se hisser à hauteur de mission », a déclaré le chef de l'tat malien lors d'une allocution empreinte de gravité à la télévision publique ORTM. Il a précisé que le Premier Ministre Diango Cissoko recevrait lundi les représentants des Bérets rouges « pour trouver une solution définitive à cette crise ».

Selon le soldat Bouaré, l'attaque du camp militaire est liée à la déclaration à la télévision nationale du chef d'état-major des armées, le général Tahirou Dembélé, en début de semaine. Celui-ci a fait part de sa volonté d'envoyer au front  les Bérets rouges pour combattre aux côtés des soldats français les groupes islamistes armés. « Comme on a le problème du Nord sur les bras, vous allez combattre auprès de vos autres frères d'armes, avait-il déclaré à la télévision, à l'issue d'une rencontre avec le commandement des Bérets rouges. Après cet entretien on a pris toutes les dispositions pour les affecter dans leur régiment », avait-il ajouté.

Mais le général Dembélé avait déclaré avoir décidé de réaffecter les membres des Bérets rouges - régiment officiellement dissous - dans d'autres unités. Et c'est sans doute aussi sur ce dernier point que  les esprits se sont échauffés. « Tout le monde n'a pas rejoint son unité d'affectation (...) il y en a 417 qui ont rejoint leur unité d'affectation. Mais il y a une partie à Bamako qui refuse d'obéir à leurs autorités. Ils ont pris l'habitude de se réunir au camp. On a donc pris la décision de dégager les éléments qui vont se rassembler », avait ajouté le général.

Les Bérets rouges sont composés de paras et de membres de l’ex-Garde présidentielle de Amadou Toumani Touré (ATT, renversé le 22 mars). Ce n’est pas la première fois que le camp de Djicoroni est pris pour cible. Le 1er mai 2012, en représailles au contre-coup d’État manqué du 30 avril, mené par l’ancien chef des Bérets rouges, Abidine Guindo, le camp avait été mis à sac par les soldats du capitaine Amadou Sanogo, responsable du coup d'État contre ATT.

Libération

À la suite de cette attaque ratée contre l’aéroport, le siège de la télévision nationale malienne et le QG de la junte (le camp militaire de Kati) - assaut qui aurait fait plusieurs dizaines de morts -, le 33e Régiment des commandos parachutistes avait été dissous et restait, depuis, cantonné à Djicoroni.

Une trentaine de militaires avait également été arrêtés. Certains d’entre eux ont été libérés le 30 janvier. À leur sortie de prison, ces soldats avaient accusé le commandement de l’armée de les empêcher de rejoindre le front. Le chef d’État-major de l’armée malienne, le général Dahirou Dembélé, leur avait répondu dans une intervention à l’ORTM : « il faut inviter tous ces éléments à rentrer dans le rang. »

Hormis les 417 Bérets rouges affectés en dehors de Bamako, environ 800 se trouvent toujours dans la capitale malienne, mais le gros de leur armement leur a été confisqué, indique-t-on de source militaire.

(Avec AFP)


 

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