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Afrique du Sud – Mali : les Aigles de Carteron y croient

02/02/2013 à 10:43 Par Alexis Billebault
L'entraîneur des Aigles du Mali, Patrice Carteron. L'entraîneur des Aigles du Mali, Patrice Carteron. © AFP

Après s’être sorti d’un groupe difficile, le Mali, troisième en 2012, affronte l’Afrique du Sud samedi 2 février à Durban en quart de finale, pour la deuxième confrontation entre les deux pays (*). Patrice Carteron (42 ans), le sélectionneur des Aigles, évacue la pression sur le pays organisateur, mais ne cache pas ses ambitions.

Jeune Afrique : Quel bilan faites-vous du premier tour, qui a vu votre équipe se qualifier pour les quarts de finale en devançant la RDC et le Niger ?

Patrice Carteron : L’équipe est peu à peu montée en puissance, même si nous avons connu un match compliqué face au Ghana (0-1) lors de la deuxième journée. J’ai aimé notre animation défensive. Par contre, je pense que nous avons encore une certaine marge offensivement, où nous n’avons pas tout montré notre potentiel.

Le Mali est arrivé à cette CAN entouré d’incertitudes : Sissoko ou Maïga n’ont pas beaucoup joué avec le Paris-SG et West Ham depuis le début de la saison, et le championnat chinois, où évolue Seydou Keita, s’est arrêté début novembre…

Les joueurs que vous citez ont été très pros. Ils ont beaucoup travaillé physiquement. Keita s’était préparé à Barcelone, son ancien club, avant notre stage. Avec Sissoko, il y a avait un travail important à faire. Maïga, lui, a été victime d’une crise de paludisme avant le premier match. Mais il revient bien.

Robert Nouzaret, avant votre match contre la RDC, nous avait confié qu’il trouvait le Mali moins riche en individualités, mais plus fort collectivement…

Il a raison. Notre objectif pour cette CAN, c’était de bâtir un collectif solide, sans lequel il est difficile d’exister dans une compétition de haut niveau. Par le passé, le Mali a eu de grosses équipes, mais sans toujours avoir les résultats espérés. Ce que je constate – mais je ne suis en poste que depuis le mois de juillet dernier -, c’est qu’il règne vraiment un excellent état d’esprit au sein du groupe.

L’Afrique du Sud s’est qualifiée sans vraiment donner l’impression de maîtriser son sujet, hormis face à l’Angola (2-0)…

(Il coupe) Pour moi, c’est l’équipe la mieux préparée physiquement et mentalement. C’est plus un collectif qu’une somme d’individualités, mais les joueurs se connaissent bien et leur sélectionneur (Gordon Igesund) connaît très bien le championnat local, dont est issue la majorité de ses internationaux. Jouer l’Afrique du Sud chez elle, dans un contexte qui nous sera forcément défavorable et hostile, c’est un beau challenge. La pression sera sur elle.  Même si nous avons nos chances, car les deux équipes se valent.

Comment vos joueurs vivent-ils la situation qui touche leur pays ?

Ils sont plutôt rassurés depuis l’intervention française. Ils en parlent régulièrement, je pense que les appels vers le Mali sont fréquents… Nous avons conscience que notre parcours en Afrique du Sud est suivi de très près au pays, que même si ce n’est que du football, cela apporte beaucoup de joie à nos supporteurs.
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*Les deux équipes s’étaient affrontées en quart de finale de la CAN 2002 organisée au Mali. Le 3 février à Kayes, les Aigles s’étaient imposés 2-0 grâce à des buts de B. Touré et D. Coulibaly.

 

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