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Soungalo Ouattara a été élu président de l'Assemblée nationale burkinabè

28/12/2012 à 15:09 Par Vincent Duhem
À 55 ans, Soungalo Ouattara accède au perchoir de l'Assemblée nationale burkinabè. À 55 ans, Soungalo Ouattara accède au perchoir de l'Assemblée nationale burkinabè. © DR

L’Assemblée nationale burkinabé a un nouveau président. Soungalo Ouattara a été élu vendredi 28 décembre, lors de la première session de la nouvelle assemblée issue des élections couplées du 2 décembre dernier.  

Soungalo Ouattara a remplacé Roch Marc Christian Kaboré au perchoir de l’Assemblée nationale du Burkina Faso, ce vendredi 28 décembre. Membre du parti présidentiel (le Congrès pour la démocratie et le progrès - CDP), il a été élu lors de la première session de la nouvelle Assemblée, issue des élections du 2 décembre, qui s'est tenue aujourd'hui.

Soungalo Ouattara était ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Sécurité sociale depuis 2008. À près de 56 ans (il fêtera son anniversaire le 31 décembre), celui qui a réalisé toute sa carrière dans l'administration burkinabè vient de faire son entrée dans l'hémicycle. Il a été élu le 2 décembre député de la province du Houet.

Le nouvel occupant du perchoir va présider une Assemblée largement renouvellée. À l'issue des législatives, le camp du chef de l'État, Blaise Compaoré, a certes conservé la majorité absolue (97 sièges sur 127). Mais l'opposition, emmenée par l'Union pour le progrès et le changement (UPC) de Zéphirin Diabré, ex-ministre des Finances de Blaise Compaoré, a fait une poussé significative (30 sièges au total).

Pour le CDP, ces élections étaient un test important. D’abord parce qu’elles étaient le dernier grand rendez-vous électoral avant 2015, terme du dernier mandat du président Compaoré, 61 ans, dont la succession hante le débat public. Ensuite parce qu’elles intervenaient après une année 2011 très troublée au plan social. Enfin parce que, sur les 73 députés en fin de mandat, seul un cinquième se représentait, le reste des candidats étant constitué de nouvelles figures.

Après avoir présidé son dernier Conseil des ministres, le chef du gouvernement burkinabé, Adophe Tiao, a présenté sa démission et celle de son gouvernement jeudi, comme le prévoit la loi. Un nouveau Premier ministre devrait être nommé très prochainement.

Alternance démocratique

Au sein d’une opposition désunie, l’UPC, participant pour la première fois à ce scrutin national, s’est imposée comme la principale alternative au CDP. Son président, Zéphirin Diabré, fait figure de nouvel homme fort sur la scène politique.

Interrogé jeudi sur RFI au sujet de ses ambitions, l’ancien « monsieur Afrique » du groupe nucléaire français Areva s’est dit prêt à faire alliance « avec tous ceux et toutes celles qui, dans notre pays, souhaitent qu’il y ait une alternance démocratique ». « J’ai actuellement des divergences politiques très fortes avec la manière dont notre pays est gouverné, sur le plan de la conduite de la démocratie, qui est verrouillé et qui est organisé de manière à éviter l’alternance, sur la manière dont le développement s’organise. J’ai aussi des divergences sur la manière dont la société est gérée », a-t-il déclaré.

Ces scrutins, législatifs et municipaux, étaient aussi les premiers depuis les mutineries du premier semestre 2011 qui ont failli emporter le régime. Une crise importante qui a forcé le pouvoir à répondre aux demandes de changements exprimés par la population.
 

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