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Didier Six : "Le Togo a besoin d'Adebayor" pour la CAN

14/11/2012 à 16:17 Par Alexis Billebault
Emmanuel Adebayor est revenu en sélection togolaise le 14 octobre, face au Gabon. Emmanuel Adebayor est revenu en sélection togolaise le 14 octobre, face au Gabon. © AFP

Nommé sélectionneur du Togo pour deux matchs en novembre 2011, puis pour deux ans en janvier dernier, l’ancien international français Didier Six (58 ans, 52 sélections) est parvenu à qualifier les Éperviers pour la CAN 2013 en Afrique du Sud (19 janvier-10 février). Pas mal pour une première expérience sur un banc de touche…

Jeune Afrique : débuter une carrière d’entraîneur à 57 ans, c’est plutôt rare…

Didier Six : Pourtant, j’avais les diplômes pour entraîner… J’en avais envie, je m’en sentais capable, mais dans ce milieu, il faut avoir les bonnes relations, appartenir à certains réseaux… Après ma carrière de joueur [notamment à Valenciennes, Lens, Marseille, Stuttgart, Aston Villa et Galatasaray Istanbul, NDLR], j’ai travaillé dans l’événementiel, mais je souhaitais revenir dans le foot. J’ai été approché par le Congo et le Togo. J’ai rencontré Gabriel Ameyi, le président de la fédération togolaise, il m’a fait confiance.

Le Togo n’a pas la réputation d’être la sélection la plus facile d’Afrique…

Les préparatifs des Éperviers

Après un déplacement au Maroc le 14 novembre, Le Togo se retrouvera le 27 décembre à Lomé. Les Éperviers partiront le lendemain à Oman, où ils affronteront la sélection dirigée par Paul Le Guen, l’ancien sélectionneur du Cameroun, avant de revenir au pays jusqu’au 6 janvier. Ils partiront ensuite en stage à Accra jusqu’au 12 janvier, au centre technique Lizzy’s Complex de Marcel Desailly. Le 13, le Togo devrait accueillir le Bénin à Lomé, avant de s’installer à Rustenburg.

Mais le métier d’entraîneur n’est facile nulle part ! J’ai accepté la proposition togolaise parce que savais, avant de signer, qu’il y avait un potentiel intéressant. Mais j’ai aussi posé certaines conditions, sur les conditions de voyage, de logement, d’entraînement, la qualité du matériel, la discipline. Car plusieurs joueurs refusaient à cause des problèmes d’organisation.

Comment avez-vous fait pour convaincre Emmanuel Adebayor de revenir en sélection ?

C’est le meilleur joueur togolais. Et on avait besoin de lui. Il a eu des échos positifs de Lomé sur la nouvelle organisation de la sélection. On a discuté, et je lui ai dit que j’avais besoin d’un patron. Il a observé, puis il a accepté de revenir pour les matches face au Gabon lors du dernier tour qualificatif pour la CAN (1-1, 2-1). Il a marqué deux buts. J’espère qu’il va avoir plus de temps de jeu en club, car il n’est guère utilisé à Tottenham (Angleterre).

La qualification du Togo pour la CAN est perçue comme un exploit…

Ce n’est pas ma vision des choses. Même si les dernières années ont été difficiles, le Togo a des joueurs de valeur, comme Adebayor, Agassa (Reims), Romao (Lorient), Boukari (Wolverhampton), Gapké (Nantes), et j’en passe. Tout le monde pense que nous serons éliminés dès le premier tour de la CAN parce que nous affronterons l’Algérie, la Côte d’Ivoire et la Tunisie. Je pense qu’on peut étonner. Mais attention : je ne saute pas de joie parce qu’on s’est qualifiés. Il y a encore beaucoup à faire.
 

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