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Mali : Tombouctou, "la perle du désert" aux mains des islamistes

03/04/2012 à 16:51 Par Jeune Afrique
La 'perle du désert' est tombé aux mains des islamistes radicaux. La "perle du désert" est tombé aux mains des islamistes radicaux. © AFP

Après avoir pris Tombouctou (dans le nord du Mali) lundi 2 avril, les rebelles touaregs ont instauré la charia dans la cité historique. Selon des témoins, des responsables d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) se seraient également installés dans la ville.

« Tombouctou a passé sa première nuit sous la charia (loi islamique), tout est calme dans la ville ». Tel est le constat dressé mardi 3 avril au matin par Saliou Thiam, un habitant de la cité malienne. Située à la lisière du Sahara, la « perle du désert », est tombée lundi aux mains des islamistes.

Mohamed Ag Najim, le chef d’état-major du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) et ses hommes sont entrés dimanche 1er avril à Tombouctou, totalement désertée par l’armée malienne. Le jour suivant, c’était le tour d'un autre groupe rebelle, les islamistes de Ansar dine, avec à leur tête Iyad Ag Ghali, de fouler le sol de la ville qui fut longtemps un grand centre intellectuel de l'islam et une cité florissante.

Selon le témoignage de sources sécuritaires régionales, lors de son entrée dans Tombouctou, le chef d’Ansar dine  était accompagné d'un des chefs historiques d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), l'Algérien Mokhtar Belmokhtar. Ce dernier est tristement célèbre pour avoir à son actif d'innombrables faits d'armes, attentats, enlèvements et trafics. L’agence d'information en ligne mauritanienne Al-Akhbar a pour sa part indiqué qu’un autre chef d'Aqmi, Yahya Abou Al-Hammam, s'était installé en ville.


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"Lutter à mort"

Dans tout le Sahel, Tombouctou est donc la première grande ville à tomber aux mains d’extrémistes islamistes. « Iyad AG Ghaly a rencontré hier soir (lundi) les imams de la ville. Il a expliqué qu'il n'est pas venu pour l'indépendance, mais pour l'application de la loi islamique », raconte Saliou Thiam.

« Mon père fait partie des imams qui ont été reçus par Iyad et sa délégation. Il a été question d'islam (...), ils ont dit qu'ils allaient "lutter à mort" contre ceux qui veulent parler de création d'une république », poursuit le témoin.

(Avec AFP)
 

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