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Égypte : les élections fixées fin novembre

28/09/2011 à 10:28 Par Jeune Afrique
Une Égyptienne dans un bureau de vote le 19 mars 2011 au Caire. Une Égyptienne dans un bureau de vote le 19 mars 2011 au Caire. © AFP

Les premières élections législatives depuis la chute de Hosni Moubarak commenceront le 28 novembre prochain, marquant le début d'un processus électoral chargé au terme duquel l'armée promet le retour à un pouvoir civil.

En Égypte, le scrutin pour les députés de l'Assemblée du peuple se déroulera sur trois tours : les 28 novembre, 14 décembre et 3 janvier. Cette chambre se réunira pour la première fois le 17 mars. Ces dates ont été officiellement annoncées hier soir par le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige le pays depuis la chute d'Hosni Moubarak.

L'élection des membres de la Choura (Sénat), la chambre haute, se tiendra également sur trois tours, entre le 29 janvier et le 11 mars. Le système électoral approuvé par le gouvernement est pour le moins complexe. Il combine un scrutin de liste pour les deux tiers des sièges et un scrutin uninominal pour le tiers restant. Seul des candidats indépendants seront éligibles au scrutin uninominal. Chaque parti devra également présenter au moins une femme sur sa liste.

Polémique

Cette répartition est au centre d'une vive polémique en Égypte. Le scrutin uninominal est en effet accusé par de nombreux partis politiques de favoriser le retour de personnalités proches de l'ancien pouvoir, qui pourraient se faire élire comme « indépendants » en bénéficiant de leurs réseaux locaux toujours puissants.

« C'est stupéfiant et sans précédent. C'est comme s'ils punissaient les partis qui ont demandé un scrutin de liste. Un tiers des députés sans affiliation à aucun parti, cela affaiblira le Parlement », a réagi le vice-président du parti « Liberté et Justice », fondé par l'influente confrérie des Frères musulmans.

« Cela ouvre la voie pour des personnalités de l'ancien régime », a affirmé pour sa part Mohammed Hamed, un responsable du Parti des Égyptiens libres. « Leur argument est que la vie politique en Égypte est encore naissante. Les partis pré-révolutionnaires étaient faibles et ceux qui se sont formés après la révolte sont encore en formation », a-t-il ajouté. « Mais il est clair qu'ils veulent un pourcentage de (membres de l'ancien régime) ».

Des dizaines de partis, allant des salafistes (islamistes fondamentalistes) aux libéraux, souvent peu structurés et encore mal connus, sont apparus après la chute du régime Moubarak.

Les Frères muslmans soutenus à 35% dans un sondage

Les Frères musulmans, réputés comme le mouvement le mieux organisé d'Égypte, seront également suivis de près. La confrérie islamique a formé son propre parti pour pouvoir se présenter en tant que formation politique aux élections. Elle a toutefois promis de ne présenter des candidatures que pour la moitié des sièges en lice. Selon un sondage publié en début de semaine par la Mena, 35% des Égyptiens disent soutenir la confrérie islamiste.

Le futur parlement égyptien sera chargé de rédiger une nouvelle constitution pour le pays. La date de l'élection présidentielle, à l'issue de laquelle l'armée a promis de remettre la totalité du pouvoir aux civils, n'est pas encore connue.

Si une nouvelle constitution devait être adoptée en préalable, le vote pour le prochain président pourrait ne pas intervenir avant la fin août 2012.

(Avec AFP)

 

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