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Libye : les combattants de Syrte marquent une pause

22/09/2011 à 16:29 Par Jeune Afrique
Les combattants pro-CNT manquent de munitions sur le front est de Syrte. Les combattants pro-CNT manquent de munitions sur le front est de Syrte. © DR

Les forces du nouveau régime en Libye ont annoncé une pause dans les combats sur les fronts est et ouest de Syrte, bastion de Mouammar Kadhafi. Ils invoquent un manque de munitions et souhaitent limiter les pertes civiles.

Les forces du Conseil national de transition (CNT) ont cessé de combattre dans le secteur de Soultana, situé sur le front est à 30km de Syrte, qu'ils avaient conquis lundi après de violents combats contre les hommes restés fidèles à Mouammar Kadhafi.

« Nous arrêtons le combat pour une semaine. Nous faisons face à un manque de munitions », a affirmé le commandant Moustafa ben Dardef, chef d’une brigade combattant à Soultana. Selon lui, l'objectif est de consolider les gains sur le terrain et d'établir « une forte ligne de défense » à Soultana, où des bulldozers ont été utilisés dès mercredi pour creuser des tranchées.

« Nous avons demandé aux autres fronts de cesser le feu pour mieux coordonner notre action, mais nous n'avons pas d'informations sur leurs intentions », a-t-il dit, en prenant avec ses combattants la route de Benghazi, siège du Conseil national de transition.

D’après des commandants interrogés par l’AFP à l'arrière de la ligne de front, les combats devaient également cesser, au moins pour la journée de jeudi, sur un deuxième front à 50 km à l'ouest de Syrte.

Les responsables ont indiqué qu'ils attendaient de nouvelles frappes de l'Otan destinées à affaiblir les positions des forces pro-Kadhafi. Sur place, la zone a été survolée par des avions de l'Alliance atlantique. Ces raids auraient déjà touché cinq lanceurs de missiles dans les environs de Syrte.

Une situation devenue "insupportable" à Syrte

Entre-temps, des dizaines de civils fuyaient les zones sous contrôle des pro-Kadhafi aux alentours de Syrte. Les militaires situés aux points de passage ont précisé que les civils se faisaient enregistrés en plus grand nombre que les jours précédents.

« Nous avons tout préparé et nous sommes partis rapidement. Les soldats n'étaient pas prêts », a expliqué à l'AFP, Mohammed ben Sirtya, qui a fui avec sa femme et ses huit enfants. Selon lui, la situation à Syrte est devenue « insupportable », en raison du manque d'électricité et d'eau, ainsi que la difficulté à trouver de la nourriture. « Nous n'avons mangé que des pâtes. Tout le monde se terre chez soi, personne n'ose sortir », a-t-il ajouté.

Mercredi, les forces du nouveau régime ont réussi à prendre le contrôle des villes de Sebha et Waddan. « Nous contrôlons totalement Sebha. Tout le monde, y compris les pro-Kadhafi, est maintenant avec la révolution », a dit Abdelmajid Seifennasr, responsable local du Conseil national de transition (CNT) libyen. Sebha, fief des Kadhadfa, la tribu de Mouammar Kadhafi, constituait un important objectif des combattants pro-CNT.

La ville de Waddan, dans l'oasis de Djofra, a été également été « libérée » par les forces du nouveau régime, qui contrôlent désormais environ 70% de la région. L'oasis compte a peu près 75.000 habitants et regroupe les villes de Waddan, Houn, Sokna et Zila.

Contre-attaque des pro-Kadhafi à Bani Walid

A Bani Walid, près d'une semaine après l'assaut lancé contre cet autre bastion du régime déchu de Mouammar Kadhafi, les forces pro-CNT n'ont enregistré qu'une très petite avancée et déplorent tous les jours des pertes dans leurs rangs.
Face au désordre général, les pro-Kadhafi ont réussi mercredi à viser une position des combattants du CNT à une quinzaine de kilomètres de la ville. Quatre roquettes de type Grad se sont abattues, obligeant les anti-Kadhafi à reculer dans la confusion.

Mouammar Kadhafi, en fuite depuis la chute de Tripoli le 23 août, s'est manifesté mardi dans un nouvel enregistrement sonore diffusé par la chaîne syrienne Arraï. Il y parle de « mascarade » en Libye, laissant entendre que le nouveau régime tomberait dès la fin des frappes de l'Otan.

(Avec AFP)

 

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