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Togo - Urbanisme : Lomé débouche ses artères

24/11/2011 à 19:40 Par Jean-Claude Abalo, à Lomé
Lomé veut en finir avec l'image de vilel poubelle. Lomé veut en finir avec l'image de vilel poubelle. © Frédérique Jouval pour Jeune Afrique

Les chantiers routiers se multiplient à travers le Togo. Surtout dans la capitale, où les infrastructures ont pâti de deux décennies d’immobilisme.

La capitale du Togo, Lomé, veut en finir avec son image de ville poubelle. Sur le terrain, pelles, pioches, bulldozers et manœuvres s’activent. La rénovation des infrastructures, tant annoncée par les autorités togolaises, prend forme. Ainsi, l’axe entre le rond-point du port de la capitale et la frontière avec le Ghana s’est paré de nouveaux atours : les deux voies sont séparées par un terre-plein central et disposent maintenant d’un éclairage moderne.

D’autres artères de Lomé emboîtent le pas. Le stratégique boulevard du 13-Janvier par exemple, vieux de près de quarante ans et long de plus de 5 km, était dans un état désastreux. Désormais, ses deux fois deux voies seront d’une largeur de 7 m chacune au lieu de 3,5 m, de part et d’autre d’un terre-plein central. Le bitumage d’un tronçon de 6 km sur la voie Agoè-Nyivé va également améliorer la circulation. Pour ces chantiers majeurs, l’État togolais a déboursé 20 milliards de F CFA (30,4 millions d’euros).

Itinéraire bis

Autre amélioration importante dans la ville : les canalisations bouchées seront restaurées et, afin de faciliter l’évacuation des eaux de pluie, le drainage sera dorénavant assuré par des caniveaux et dalots en béton.

Par ailleurs, la construction d’un contournement de Lomé, très attendu par la population, est en cours. Ces travaux ont été confiés à la Société nationale chinoise des travaux de ponts et chaussées (SNCTPC). Évalués à près de 34 milliards de F CFA, ils sont financés par la Banque du développement d’Allemagne (KfW), la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et le gouvernement togolais. La nouvelle route, longue de 13,8 km, permettra de désengorger le centre-ville des poids lourds, souvent source d’embouteillages. En attendant, pour se rendre d’un point à un autre, les Loméens doivent faire de grands détours.

« C’est à ce prix que nous pourrons redonner à notre ville son lustre d’antan », explique Andjo Tchamdja, le ministre des Travaux publics. La mairie de Lomé a d’ailleurs joué la carte de l’intransigeance en procédant au démontage des boutiques et habitations installées sur les voies publiques. Leurs propriétaires ont été remboursés à hauteur maximale de 1 million de F CFA. « Nous ne pouvons procéder autrement, commente un agent de la municipalité. On ne peut faire d’omelette sans casser des œufs. » Reste à espérer que les Loméens retrouveront, à la fin de ces travaux, le sens du civisme d’avant les années 1990, quand la capitale était surnommée « Lomé la belle ».

Projets

À moyen terme, de nouvelles infra­structures sont prévues à travers le pays : des deux fois deux voies de 7 m de large chacune vont être converties en deux fois trois voies larges, elles, de 10 m. L’État compte en effet lancer des chantiers pour un montant de 47 milliards de F CFA, grâce à un second emprunt obligataire par appel public à l’épargne dans les pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Les ressources attendues serviront à « financer d’importants projets publics dans les secteurs des infrastructures routières, du tourisme et de l’urbanisme », a expliqué Badawasso Gnaro, le secrétaire général du ministère des Finances. 

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