Extension Factory Builder
15/07/2013 à 10:15
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Commentaire lapidaire à propos de l'Égypte d'un collègue journaliste qui ne porte guère - doux euphémisme ! - les islamistes dans son coeur : « Oui, c'est un coup d'État et c'est très bien ainsi. Morsi a mis son pays en faillite et s'est comporté comme un dictateur. Je suis contre tous les régimes islamistes, démocratiquement élus ou pas. D'ailleurs, accoler les termes de démocratie et d'islamiste, c'est en soi une hérésie [sic] ! » Adeptes d'une vision du monde illustrée en son temps par un George W. Bush, pour ne citer que lui, les disciples de Mani ont la vie dure. Voici que s'ouvre le procès des Frères musulmans, ces horribles barbus déambulant le sabre entre les dents. Ils font si peur que certains n'hésitent pas à se jeter dans les bras supposés accueillants de militaires dont la réputation d'intégrité et de générosité n'est, comme l'on sait, plus à faire ! Ils ont la mémoire décidément bien courte.

Entendons-nous bien : je n'ai pas - vraiment pas - le profil d'un intégriste. Je ne partage pas leurs idéaux et condamne leurs pratiques. De même, je désapprouve l'existence de partis religieux en Iran, en Tunisie, en Israël ou ailleurs. Je crois à un État qui se préoccupe des citoyens et non des croyants. Et comme tout le monde, je constate que l'islamisme politique est partout un piteux échec. Mais un peu de pragmatisme n'a jamais fait de mal à personne. Ces gens-là sont incompétents et dangereux ? Soit, mais ils ne sont pas condamnés à le rester et pèsent d'un poids certain sur nos sociétés. Enfin, leurs électeurs n'ont pas disparu comme par enchantement. Alors, que faire ? Les vouer aux gémonies, les jeter en prison, les exclure du jeu politique ad vitam æternam ? Croit-on ainsi régler le problème ? Au contraire, le mal ne fera qu'empirer.

Au Caire comme à Tunis, il existe une autre solution pour apprivoiser cette démocratie qui a un peu trop tendance à jouer les savonnettes, pour mettre fin à l'incertitude, pour assurer la stabilité et le développement. Elle consiste à mettre provisoirement entre parenthèses controverses électorales et débats idéologiques. Et à installer des gouvernements d'union nationale ou de salut public rassemblant tous les partis, islamistes compris, mais aussi des représentants de la société civile. Objectif : s'attaquer aux vrais problèmes, ceux qui nourrissent les crises auxquelles nous assistons. Parmi ces derniers, on peut citer l'insécurité, l'emploi, la relance de l'économie et de l'investissement, la réforme de l'État, la décentralisation, la réduction des inégalités, le sauvetage du système éducatif... Peut-être faudrait-il aussi renoncer, pendant un temps, à tenir des élections qui se résument trop souvent à une guerre sans merci pour le pouvoir, que les uns s'empressent de confisquer et que les autres tentent de reconquérir par tous les moyens, fussent-ils les plus inacceptables. Rivalités stériles, médiocrités de toute nature, blocages institutionnels... Il faut à tout prix sortir de cette impasse.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Maghreb & Moyen-Orient

Libye : l'administration Obama blanchie dans l'attaque de Benghazi

Libye : l'administration Obama blanchie dans l'attaque de Benghazi

L'administration Obama n'a pas failli dans sa réponse à l'attaque du complexe américain de Benghazi, en Libye, qui avait fait quatre morts le 11 septembre 2012, a conclu une commission parlementaire dont le ra[...]

Une Tunisienne remporte le concours "Miss monde Muslimah" en Indonésie

Une informaticienne tunisienne, Fatma Ben Guefrache, a remporté vendredi en Indonésie l'élection de "Miss monde Muslimah", présentée comme une riposte aux concours de beauté[...]

La Tunisie vote pour sa première présidentielle de l'après-révolution

La Tunisie organise dimanche sa première élection présidentielle pluraliste et espère franchir sans accroc cette nouvelle étape de sa transition vers la démocratie, jusqu'ici[...]

Mokhtar Belmokhtar, "le Ben Laden du Sahara"

Le journaliste mauritanien Lemine Ould M. Salem publie une enquête sur le jihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar. Édifiant.[...]

Fin de campagne présidentielle tendue en Tunisie

La campagne pour le scrutin présidentiel du dimanche 23 novembre s'est achevée en Tunisie dans un climat délétère. Pourtant, selon la Constitution, les prérogatives du chef de[...]

Blaise Compaoré a quitté la Côte d'Ivoire pour le Maroc

L'ancien président burkinabè, Blaise Compaoré, qui a démissionné le 31 octobre avant de s'exiler en Côte d'Ivoire, a quitté Yamoussoukro pour le Maroc.[...]

GES 2014 : Marrakech se fait capitale mondiale de l'entrepreneuriat

 Chefs d'Etats, grands patrons, ministres, jeunes entrepreneurs... Ils sont tous venus à Marrakech pour participer à la cinquième édition du Sommet Global de entrepreneuriat, la première du[...]

Justice : deux Mauritaniens condamnés à mort pour l'assassinat des touristes français en 2007

Deux Mauritaniens ont été condamnés à mort par la cour d'appel du tribunal de Nouakchott, pour l'assassinat de quatre touristes français en 2007, a-t-on appris mercredi.[...]

Diplomatie : le président turc Recep Tayyip Erdogan est en visite à Alger

Recep Tayyip Erdogan effectuait, mercredi et jeudi, une visite officielle en Algérie, accompagné d'une forte délégation de ministres et d'hommes d'affaires. Un sommet Turquie-Afrique se tient en ce[...]

Football - Algérie : joue-la comme Gourcuff...

Nommé juste après le glorieux Mondial des Fennecs, le successeur du bouillant Vahid Halilhodzic n'avait jusque-là jamais dirigé de sélection nationale. Pour un coup d'essai, c'est un coup[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers