Extension Factory Builder
01/07/2013 à 12:37
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

De là où il nous observe, certainement un petit coin de paradis, Stéphane Hessel doit jubiler ! Après les révoltes arabes, les manifestations anticrise en Espagne, en Italie, au Portugal, en Grèce, en Grande-Bretagne ou en Israël, les occupants de Wall Street, les étudiants chiliens en colère, les grévistes algériens ou les contestataires du Xinjiang, voilà que mêmes les supposés futurs cadors de l'économie mondiale s'y mettent. Les miracles turc et brésilien, dont on nous rebat les oreilles depuis plusieurs années, ne seraient-ils, en fin de compte, que des mirages ?

L'ami Hessel, qui nous exhortait, peu de temps avant d'entreprendre son dernier voyage, à l'indignation, a été pris au mot. Sans doute au-delà de ses espérances... Ni Dieu ni maîtres, de la finance ou de la politique. Aucun carcan, fût-il religieux, identitaire ou idéologique. La fin des blancs-seings accordés aux dirigeants et de la résignation passive. Un peu partout dans le monde, les règles changent et les verrous sautent.

Et l'Afrique subsaharienne dans tout ça ? Nous aurions tort de considérer qu'elle serait immunisée contre ce « virus » dont on ne mesure pas encore tous les effets. Les arguments brandis jusqu'ici par certains pour s'en convaincre ? Un faible niveau général d'éducation, des pouvoirs forts et autoritaires, une connexion limitée avec le monde extérieur, des réseaux sociaux peu utilisés, le développement insuffisant des classes moyennes, etc. Autant de paramètres réels, mais qui, eux aussi, évoluent plus vite qu'on ne le pensait. Surtout, la question n'est plus celle de la prise de conscience, déjà effective, mais celle du passage à l'acte. Les Africains, comme tous les autres, réclament plus de libertés, plus de droits, plus de justice, une meilleure répartition des richesses, moins de privilèges indus, une solidarité plus grande, des dirigeants vertueux et en phase avec leurs réalités, des actes en adéquation avec les discours. Ils ont peur, aussi, de l'avenir et des extrémismes que ce sentiment, hélas ! renforce.

Ils sont peu nombreux, pour l'instant, ceux qui se mobilisent au sud du Sahara pour s'insurger contre la perte de valeurs d'un monde dont ils ne veulent pas, contre les abus de dirigeants indélicats, voire incompétents, ou pour exprimer leur ras-le-bol, quelles qu'en soient les motivations profondes (injustice sociale, sentiment d'exclusion, aspirations démocratiques, etc.). Mais cela commence toujours ainsi...

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

AUTRES

Centrafrique : 28 morts dans des affrontements à Mbrès

Centrafrique : 28 morts dans des affrontements à Mbrès

De violents affrontements sont en cours depuis mardi entre des éléments anti-balaka et ex-Séléka. 28 personnes sont mortes à Mbrès, une ville située à 300 km au nord de[...]

Côte d'Ivoire : confirmation de l'interdiction du congrès du FPI, Affi N'Guessan renforcé

En déclarant mercredi "nul et non avenu" le congrès du Front patriotique ivoirien (FPI), la justice ivoirienne a donné raison à Pascal Affi N’Guessan, qui souhaitait d'abord voir tranch&[...]

Ebola : trois choses à savoir sur la tournée de Ban Ki-moon en Afrique de l'Ouest

Ban Ki-moon a annoncé mercredi à New York qu'il se rendra à partir du 18 décembre en Afrique de l'Ouest. Une tournée dans les pays qui ont été touchés par le virus Ebola. Pou[...]

Documentaire : trois garçons, une fille et la révolution

Mêlant fiction et réalité, la réalisatrice Raja Amari raconte les prémices et le déroulement de la révolution tunisienne à travers quelques documents d'archives, mai[...]

États-Unis : torture sans limites pendant la présidence de George W. Bush

Durant la présidence de George W. Bush, sous couvert de guerre contre le terrorisme, la CIA a eu recours à la torture. Avec une cruauté sans bornes, selon un rapport accablant du Sénat amé[...]

Algérie : El-Para et l'argent des otages du GSPC

Abderrazak el-Para, l'ex-émir du GSPC, a finalement confirmé que l'Allemagne avait versé une rançon de 5 millions d'euros en 2003.[...]

Benjamin Stora : "La France peine à se voir comme une nation construite par ses migrants"

Entretien avec le patron de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, l'historien français Benjamin Stora.[...]

Devant la chute des cours du pétrole, l'Algérie change de ton

La chute du cours du pétrole en dessous de 60 dollars et la perspective d’un prix bas à moyen terme ont ébranlé l'assurance de l'Algérie. Le ton est désormais à l'urgence et d[...]

Zambie : Guy Scott refuse de démissionner malgré la pression de ses ministres

La plupart de ses ministres ont exigé son départ. Qu'importe : le président zambien par intérim, Guy Scott, a assuré mercredi qu'il ne démissionnerait pas avant l'élection pr&eacu[...]

Oubliez le McDo, à Paris, les fast-foods africains passent à l'offensive !

En quelques années, le marché de la restauration rapide en France a vu venir de nouveaux acteurs, les fast-foods africains. Malgré la frilosité des banques à les aider, certains ont réussi[...]

Marzouki : "Mohamed Bouazizi est devenu un symbole qui a franchi les frontières tunisiennes"

Le président tunisien Moncef Marzouki a tenu un meeting de campagne pour sa réélection à Sidi Bouzid, mercredi, jour anniversaire de l'immolation de Mohamed Bouazizi, un des symboles de la révo[...]

Rwanda : fermeture différée pour le TPIR ?

Basé à Arusha, en Tanzanie, le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) ne devrait pas fermer ses portes avant août 2015.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers