Extension Factory Builder
25/03/2013 à 11:04
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Avis aux éventreurs de Joseph Kony, aux égorgeurs d'Abdelhamid Droukdel et aux massacreurs d'Abubakar Shekau : l'Arabie saoudite recrute. Le job est sans risque cette fois puisque parfaitement légal, il requiert une certaine maîtrise technique qu'à coup sûr vous possédez déjà, il n'a rien de précaire puisque votre contrat sera à durée indéterminée et il est bien payé, ce qui ne gâche rien. L'Arabie saoudite connaît en effet une inquiétante pénurie de... bourreaux, et le ministère de la Justice, qui, conjointement avec ceux de l'Intérieur et de la Santé (sic), gère et régule cette profession, est prêt à examiner les CV, pourvu qu'ils émanent de bons musulmans sachant manier le sabre. Cette information en provenance de Riyad, où les décapitations du vendredi, après la prière, sur la place Dira, dite « place coupe-coupe », sont l'une des distractions prisées des habitants, est sérieuse. On ne sait pas pourquoi au juste les bourreaux sont de plus en plus difficiles à dénicher, mais ce spectacle barbare, qui s'est reproduit à soixante-seize reprises en 2012 et vingt-six fois depuis le début de cette année, est apparemment menacé. Soucieux de maintenir cette spécificité culturelle inhérente à leur patrimoine religieux, les gardiens des lieux saints ont trouvé une solution de remplacement : le peloton d'exécution, quitte hélas à devoir éloigner le public, une balle perdue étant vite arrivée. Il va donc de soi que ce pis-aller ne saurait être que provisoire : rien ne vaut l'éclair de la lame faisant gicler le sang sur le sable chaud sous les applaudissements des connaisseurs.

L'Arabie saoudite, qui est avec la Chine, l'Iran, l'Irak et les États-Unis l'un des plus fervents consommateurs de peines de mort exécutées de la planète, mais la seule à pratiquer la décollation, y compris pour les femmes et les mineurs au moment des faits, est également en pointe pour les châtiments corporels. Notamment les flagellations, les lapidations et ce must que sont les amputations croisées main droite-pied gauche : un vrai bijou de sauvagerie. Flagellations, lapidations, amputations au nom de la charia : c'est l'exportation de ces pratiques inhumaines dans le nord du Mali qui a servi de justification morale à l'intervention française dans ce pays. Mais la famille Saoud, propriétaire du seul pays au monde où les femmes sont interdites de volant et matrice du wahhabisme jihadiste, ne risque rien. Ni Serval, ni Tempête du désert, ni Liberté immuable, ni Restore Hope, encore moins une opération anti-biens mal acquis sur ses multiples avoirs à l'étranger. Nul n'oserait contrarier le deuxième producteur mondial de pétrole (après la Russie) et, bientôt, qui sait, annonceur chez Pôle Emploi : « Rech. bourreau halal sachant manier sabre. »

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Maghreb & Moyen-Orient

Palestine : le Hamas et l'OLP scellent leur réconciliation

Palestine : le Hamas et l'OLP scellent leur réconciliation

Peu après l'annonce mercredi de la formation d'un gouvernement d'union entre le Hamas et l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), l'aviation israélienne a effectué une frappe sur le nord de[...]

Patrick Seale, une passion arabe

Orientaliste dans l'âme, grand spécialiste de la Syrie et éditorialiste engagé, notre collaborateur s'est éteint le 11 avril à Londres, à l'âge de 83 ans.[...]

Racisme : les Libyens et immigrés noirs, boucs émissaires des milices

Bien que représentés dans les plus hautes sphères, les Noirs sont trop souvent assimilés aux mercenaires de Kaddafi, et, à ce titre, persécutés.[...]

Le Marrakech Air Show 2014 ouvre ses portes

La quatrième édition de Marrakech Air Show, le salon marocain de l’aéronautique, ouvre ses portes ce mercredi 23 avril 2014. Les constructeurs aériens présents espèrent[...]

Libye - Ali Zeidan : "Je n'ai pas dit mon dernier mot"

Démis de ses fonctions à l'instigation des islamistes, l'ex-Premier ministre aujourd'hui en exil, Ali Zeidan, entend revenir à Tripoli malgré les risques encourus.[...]

Algérie : une vidéo de violences policières en Kabylie suscite colère et indignation

La vidéo d’une manifestation sauvagement réprimée par des policiers en Kabylie, dimanche dernier, provoque un tollé et oblige la police nationale à ouvrir une enquête. À[...]

Algérie : la traque de jihadistes se poursuit en Kabylie après une attaque contre les militaires

L'armée algérienne continuait mardi de ratisser les montagnes de Kabylie (est d'Alger) après l'attentat qui a coûté la vie à onze soldats samedi soir.[...]

Ould Mansour : "Une candidature unique de l'opposition peut redonner espoir aux Mauritaniens"

Jemil Ould Mansour, le président du Rassemblement national pour la réforme et le développement (RNRD, islamiste), plus connu sous le nom de Tawassoul, explique la position de l'opposition mauritanienne[...]

Algérie bashing

En Occident, et en France en particulier, où la rengaine "quand on voit ce qu’on leur a laissé et ce qu’ils en ont fait" a la vie dure, l’Algérie génère, par[...]

Les quatre journalistes otages en Syrie sont de retour en France

Libérés le 19 avril, les quatre journalistes qui avaient été faits otages en Syrie dix mois auparavant ont regagné la France dimanche. Ils ont décrit des conditions de détention[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces