Extension Factory Builder
21/02/2013 à 03:21
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Guy Lardeyret est président de l'Institut pour la démocratie.

Un vent de liberté souffle sur l'Égypte et la Tunisie mais, on le constate chaque jour, le chemin vers la démocratie est semé d'embûches, notamment lorsqu'il s'agit de se doter d'une Constitution. Or il serait possible d'épargner aux pays concernés de longs errements en les faisant bénéficier de l'expérience acquise par tous ceux qui les ont devancés. Les démocraties en gestation doivent pouvoir accéder d'emblée à la technologie politique la plus sûre, car, si tous les peuples aspirent à la démocratie, les bonnes solutions ont également valeur universelle.

La convocation d'une Assemblée constituante, option qui se justifiait au XVIIIe siècle car on écrivait alors sur une page vierge, n'est plus de mise aujourd'hui. En effet, les règles de la démocratie ne relèvent pas d'un rapport de force électoral, mais de la nature de l'homme et des choses. Si le peuple est spontanément démocrate, les élites politiques doivent cependant disposer d'un certain savoir-faire pour donner forme juridique à ces règles.

Si les pays d'Europe de l'Est avaient disposé de ce viatique il y a vingt ans, ils n'auraient pas adopté la pire des solutions. L'élection du président de la République au suffrage universel a instauré une dyarchie à la tête de l'État, tandis que le choix de la proportionnelle a entraîné la constitution de coalitions parlementaires hétéroclites. L'incurie gouvernementale qui en a résulté a entraîné une désaffection des citoyens pour la chose publique. Les pays arabes ne doivent pas reproduire les mêmes erreurs.

Après deux siècles de tâtonnements, nous savons maintenant comment une démocratie moderne peut fonctionner dans de bonnes conditions. Au-delà de l'énoncé de grands principes, la mécanique institutionnelle peut se résumer à quelques axiomes.

Particularismes

La démocratie commence là où s'arrête le pouvoir politique. Il est d'abord possible de garantir l'exercice des libertés à la condition de se prémunir contre le risque d'une dérive vers le tout-État en installant un garde-fou juridique : le préambule constitutionnel, qui définit le rôle de la puissance publique. Mais le débat politique n'en est pas moins indispensable pour fixer la dose optimale d'intervention étatique. Une fois mis en place cet ordre juridique supérieur, c'est au pouvoir exécutif, sous le contrôle permanent des élus nationaux, qu'il appartient de mener l'action publique, qui ne saurait en aucun cas s'incarner dans une seule personne.

La difficulté est d'ouvrir la voie à une bipolarité de la vie publique en permettant l'émergence d'authentiques partis politiques capables de transcender les clivages sociaux traditionnels - et l'obsession des partisans d'une cause unique - afin de dégager une majorité dans la population. Indissociable de cette logique, le scrutin majoritaire garantit du même coup l'émergence d'une opposition homogène capable d'assumer la relève. Tel est le système simple, clair et éprouvé qui fait la supériorité du modèle démocratique - qu'il suffit d'adapter aux particularismes du pays considéré, fruits de son histoire et de sa géographie.

Le meilleur moyen d'y parvenir est d'instaurer en premier lieu une démocratie de proximité. En effet, pour les électeurs, il est plus facile de faire un choix pour ou contre les sortants au niveau local. À condition d'être convaincant, il est donc possible de hâter la marche des pays arabes sur la voie de la démocratie. Il incombe aux hommes politiques, à l'échelon le plus élevé, de se saisir du dossier et de prendre une initiative en ayant à l'esprit l'ensemble des pays arabes, même si tous ne sont pas immédiatement concernés. Au lieu de flatter leur amour-propre, nous pouvons offrir aux nouveaux membres du club le vade-mecum indispensable en guise de cadeau de bienvenue.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Maghreb & Moyen-Orient

CAN 2015 : La Guinée équatoriale élimine la Tunisie dans un parfum de polémique

CAN 2015 : La Guinée équatoriale élimine la Tunisie dans un parfum de polémique

 Menée jusqu'à la 90e minute par la Tunisie, qui se dirigeait vers une victoire logique, la Guinée équatoriale a égalisé dans le temps additionnel sur un penalty inexistant. C'est Jav[...]

Égypte : la justice déclare "terroriste" le bras armé du Hamas palestinien

La justice égyptienne a classé samedi comme organisation "terroriste" la branche militaire du mouvement islamiste palestinien Hamas, le pouvoir au Caire l'accusant de soutenir une insurrection jihadiste[...]

CAN 2015 : Les trois atouts de la Guinée équatoriale avant les quarts

La Guinée équatoriale, pays hôte de la CAN 2015, va tenter de se qualifier pour la première fois pour les demi-finales du tournoi. Le rapport de force face à la Tunisie paraît à son[...]

France-Maroc : Rabat appelle à tourner la page de la crise diplomatique

Le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, a appelé samedi à tourner la page de la crise diplomatique entre son pays et la France, confirmant un plein rétablissement de[...]

Égypte : 30 morts dans des attaques jihadistes, nouveaux heurts

De nouveaux heurts entre soldats et jihadistes ont tué deux enfants vendredi dans l'instable péninsule du Sinaï en Egypte, où 30 personnes, en majorité des militaires, ont péri jeudi dans[...]

Terrorisme : qui sont les groupes jihadistes attirés par l'État islamique en Afrique ?

Alors que 30 personnes, en majorité des militaires, sont mortes aujourd'hui dans des attaques de la branche égyptienne de l'État islamique (EI) dans le Sinaï, tour d'horizon des groupes jihadsites[...]

Algérie : Rafik Khalifa devant ses juges en mars

Le procès de l'ancien milliardaire Rafik Khalifa se tiendra en mars devant le tribunal de Blida, selon des sources judiciaires à Alger.[...]

Interactif : où doit-on payer le plus cher en Afrique pour être candidat à la présidentielle ?

Dans la réforme électorale engagée en RDC, la caution exigée pour prendre part à la présidentielle a été revue à la hausse. Une démarche très[...]

Quand un hebdomadaire marocain compare François Hollande à Hitler

François Hollande grimé en Adolf Hitler à la une d'un hebdomadaire marocain paru jeudi. Un photomontage qui tombe sous le coup de la loi et qui pourrait, s'il ne faisait pas l'objet de poursuites judiciaires,[...]

Le patron du fisc marocain prend la tête de la CDG

Le nom du nouveau directeur général de la Caisse de dépôt et de gestion est désormais connu. Il s'agit d'Abdellatif Zaghnoun, actuel directeur général des impôts. Pur produit[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/JA2718p054.xml0 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/JA2718p054.xml0 from 172.16.0.100