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10/01/2013 à 16h:18
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Directeur stratégie et communication au sein du think-tank marocain Institut Amadeus

Avant de rejoindre le cabinet royal, il y a près de un an, Taïeb Fassi Fihri, ministre des Affaires étrangères du royaume, laissait à son successeur, Saadeddine El Othmani, un précieux legs en guise de cadeau de bienvenue : un mandat de deux ans (2012-2014) en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. Un siège remporté haut la main puisque le Maroc avait été élu dès le premier tour avec une majorité écrasante de 153 voix à l'issue du vote des 193 États membres, soit bien plus que les deux tiers requis.

L'Union africaine (dont le Maroc, par ailleurs membre fondateur de l'OUA, ne fait plus partie depuis qu'y a été admise, en 1984, la République arabe sahraouie démocratique, RASD) avait avalisé les candidatures du Togo et de la Mauritanie... sans réel impact au final puisque nombre de pays africains n'ont pas hésité à voter pour le Maroc. Une belle victoire, sachant que, dans l'esprit de tous, la question du Sahara occidental, priorité absolue au Maroc, reste avant tout une affaire africaine. Et un retour au premier plan pour la diplomatie marocaine, désormais pleinement engagée, sous l'égide de l'actuel ministre, sur deux crises majeures : la Syrie et le Sahel.

Membre de la première heure du groupe des Amis de la Syrie, lors de la réunion de février 2012 à Tunis, Rabat a, dès les premières semaines de son mandat onusien, présenté une résolution en quatre points jugés essentiels sur le dossier syrien : obtenir l'arrêt immédiat de toutes les violences, aider à une transition pacifique répondant aux aspirations du peuple syrien, maintenir la souveraineté de la Syrie et de son intégrité territoriale et, surtout, exclure toute intervention militaire extérieure. Une dernière option qui paraît désormais inévitable au regard de l'escalade de la violence, au grand dam des officiels marocains. En effet, acteur majeur de la mission arabe d'observation en Syrie, puis de celle des Nations unies, le Maroc, au contraire de certains autres pays arabes, a toujours privilégié un règlement politique du conflit.

Sahel

En accueillant à Marrakech la dernière réunion du groupe, la diplomatie marocaine a ainsi voulu oeuvrer pour renforcer la légitimité de la nouvelle coalition nationale et faire de cette alliance élargie, formée à la suite de la conférence de Doha de novembre, un interlocuteur crédible et véritable représentant légitime du peuple syrien.

Sur le Sahel, les enjeux sont tout aussi cruciaux. Si le Maroc ne fait pas partie à proprement parler des pays dits « du champ », il se trouve néanmoins au premier rang des pays concernés par la crise malienne.

Au sein de l'Institut Amadeus, nous avions bien en amont (essentiellement via les précédentes éditions du forum MEDays) alerté l'opinion internationale face aux risques d'embrasement dans une région caractérisée par les trafics d'armes et de drogues, des frontières poreuses et un sédentarisme inquiétant de groupes terroristes, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) en tête.

Conseil de sécurité

Là encore, la diplomatie marocaine opte pour le dialogue et la voie difficile de la négociation, en se positionnant très rapidement comme l'un des soutiens solides aux initiatives entreprises par la Cedeao ainsi qu'à la médiation menée par le Burkina Faso entre les autorités maliennes, le MNLA et les groupes islamistes armés du Nord, certains sous l'emprise d'Aqmi. Très sensible à la question de l'intégrité territoriale, Rabat se montre très naturellement intransigeant quant à l'unité du Mali.

Au Conseil de sécurité, le Maroc est aussi actif sur d'autres fronts : Gaza (perpétuant ainsi la longue tradition du royaume chérifien à apporter un soutien indéfectible à la cause palestinienne), mais aussi la RD Congo.

Opération séduction, donc, pour la diplomatie marocaine à New York. Avec, sans aucun doute, l'ambition à peine voilée, à la suite de ce mandat, de faire davantage pencher l'entité onusienne vers la proposition d'autonomie des provinces du Sud présentée par Rabat dans le cadre d'un règlement définitif du conflit du Sahara.

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