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17/12/2012 à 10:38
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Casablanca, 10 mars 1988. La 18e assemblée générale de la Confédération africaine de football (CAF) se réunit dans les salons de l'Hôtel Safir pour élire le successeur de l'Éthiopien Ydnekatchew Tessema, décédé un an plus tôt. Le Camerounais Issa Hayatou, originaire d'une grande famille musulmane du nord du pays, ancien professeur d'éducation physique et haut cadre à la Fédération camerounaise de football, l'emporte d'une courte tête face au Togolais Folly Ekué. À seulement 46 ans. Son programme ? Mettre fin à l'exode sauvage des joueurs africains, combattre la violence, la tricherie, la corruption, améliorer la formation des cadres et, évidemment, obtenir une meilleure représentation de l'Afrique en Coupe du monde.

Vingt-cinq ans et six mandats plus tard, le jeune patron du football africain s'est mué en satrape avachi, s'accrochant coûte que coûte au pouvoir, évinçant ses concurrents potentiels un à un, s'entourant d'une cour d'affidés qui garnissent les multiples commissions et sous-commissions de la CAF, cooptant ses fidèles qu'il inonde de privilèges et d'avantages en échange de leurs votes et de leur soutien. Hayatou Ier a beau multiplier les entorses, au droit comme à la morale, rien ne lui résiste. Reconnu coupable, en 2011, de corruption par le Comité international olympique (CIO), il n'écope que d'un blâme. S'engage-t-il, notamment sur les ondes de RFI en janvier 2011, à ne pas se présenter à nouveau à sa propre succession ? Il s'assoit sur sa promesse et brigue un septième mandat (« élection » le 10 mars prochain, à Marrakech). Seul, évidemment, puisqu'il est parvenu à faire modifier in extremis les statuts de la CAF et les règles du jeu pour empêcher son principal concurrent, l'Ivoirien Jacques Anouma, de déposer sa candidature. Énième forfaiture, celle de trop.

Comment, également, oublier sa morgue et son cynisme lors de l'attaque dont a été victime la sélection togolaise dans l'enclave de Cabinda, lors de la Coupe d'Afrique des nations en Angola, en 2010 ? Comment lui pardonner ses mensonges (« les Togolais sont venus par la route, sans prévenir ») et ses explications d'une insondable bêtise - « nous ne pouvons pas gérer la CAF sur des bases émotionnelles, trois matchs ont sauté avec le retrait de l'équipe. Nous avons des sponsors et des télés qui ont signé des contrats [...] Ce n'est pas la première fois qu'il y a des morts dans une compétition internationale... » - pour justifier sa décision de sanctionner un Togo endeuillé ?

Ses promesses de 1988 sont restées lettre morte, mis à part la présence de cinq nations africaines au lieu de trois en Coupe du monde. La belle affaire. Pis, il incarne à lui seul tout ce qui peut être reproché à certains dirigeants politiques du continent. La caricature de ce que les Africains ne supportent plus : le pouvoir solitaire et à durée indéterminée, la corruption et le népotisme, les promesses non tenues. Le football africain attend, lui aussi, son printemps. Avant 2017, terme de son septième mandat, de préférence...

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