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03/12/2012 à 17:06
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Soixante-cinq ans jour pour jour après l'adoption à l'ONU de la résolution 181 sur le partage de la Palestine en deux États, l'un juif, l'autre arabe, l'Autorité palestinienne (AP) a obtenu, ce 29 novembre, le statut d'État observateur non membre des Nations unies. Un nouveau (tout) petit pas, après l'adhésion à l'Unesco, à la fin de 2011. Non seulement on est loin du Graal - un État à part entière -, mais la simple quête de ce strapontin fut une véritable gageure.

Les arguments avancés par Israël et ses fidèles alliés pour tuer dans l'oeuf l'initiative de Ramallah sont tous plus iniques les uns que les autres. Il s'agirait d'une rupture des accords d'Oslo (1993-1995). Ce que Tel-Aviv fait allègrement chaque jour qui passe sans que cela pose un problème à qui que ce soit... On parle de fait accompli ? Bien sûr, l'État hébreu, lui, ne se permet jamais ce genre de stratégie... Un État palestinien n'aurait le droit d'exister qu'au terme de négociations entre les deux camps ? C'est bien connu, ces dernières, stoppées net depuis 2008 parce que l'AP a eu l'outrecuidance de poser comme préalable l'arrêt de la colonisation (illégale, faut-il le rappeler), sont ardemment défendues par Israël, qui trépigne d'impatience à l'idée de s'asseoir autour d'une table avec ses interlocuteurs...

Les menaces proférées en cas de maintien de la démarche sont du même acabit. Le brillant et très diplomate ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a promis de faire en sorte que « l'Autorité palestinienne s'effondre ». Intelligent : cela renforcerait le Hamas et contraindrait Israël à administrer seul et directement la Cisjordanie, avec les problèmes que cela induit. Autre moyen de rétorsion, pour un pays soumis au bon vouloir de son voisin en matière d'approvisionnement, de flux financiers ou de simples déplacements, la confiscation des taxes d'importation collectées pour l'AP par Israël (environ 100 millions de dollars par mois). « C'est votre argent, mais on le garde », en somme. Là encore, cela ne choque personne.

On atteint le summum du cynisme avec les intenses pressions exercées par l'administration Obama ou le Royaume-Uni, notamment, pour que les Palestiniens renoncent à leur droit, leur nouveau statut acquis, de poursuivre des dirigeants israéliens devant la Cour pénale internationale (CPI). « Si vous y renoncez, nous pourrions finalement accepter, dans notre grande mansuétude, de vous élever d'un micro-échelon au sein de la hiérarchie mondiale », auraient-ils pu tout aussi bien leur expliquer. En un mot comme en cent : Les Palestiniens n'ont pas le droit de recourir à la justice internationale. Il ne manquerait plus que ça ! Et les dirigeants israéliens, qui ne doivent tout de même pas avoir la conscience tranquille pour craindre à ce point La Haye, sont au-dessus. Mais ça, on le savait déjà...

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