Extension Factory Builder
27/11/2012 à 11:33
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Médecin, président du Syndicat national des praticiens de santé publique en Algérie.

Comme l'Algérie, qui connaît de profondes mutations, le secteur de la santé fait face à d'importants changements, inhérents à une évolution humaine naturelle, mais aussi à des comportements sociaux et individuels qui impliquent des impératifs sanitaires nouveaux. La transition épidémiologique induite par les bouleversements socioéconomiques que vit notre pays, l'évolution de la recherche et des technologies médicales ainsi que l'allongement de la durée de vie ont permis d'identifier les vrais besoins de santé de la population. Mais aussi de mettre au jour d'autres exigences, qu'il faudra prendre en charge au titre des objectifs de la politique nationale de santé.

Des moyens financiers appréciables dégagés pour le secteur, des infrastructures nombreuses et bien réparties sur le territoire national, une multidisciplinarité avérée et des professionnels disponibles et compétents devraient autoriser une certaine sérénité pour appréhender ces mutations.

Les relations entre patients et praticiens s'établissent au sein d'un système de dysfonctionnements quotidiens.

Toutefois, l'organisation structurelle des services de santé est incapable de traduire ces moyens en prestations de soins et en actions préventives à la hauteur de notre pays. La carte sanitaire peine à répondre à la réalité nationale, la disponibilité et la distribution des médicaments et des vaccins souffrent de perturbations chroniques, la maintenance des plateaux techniques fait défaut... et un secteur privé - qu'il est urgent de coordonner aux exigences du système national de santé - émerge de façon non régulée.

Les relations entre patients et praticiens, en butte aux mêmes insuffisances, s'établissent au sein d'un système de dysfonctionnements quotidiens. Lequel compromet la concrétisation des programmes nationaux de santé publique, dont la gestion administrative est souvent approximative, voire aléatoire.

La demande de soins doit être hiérarchisée, quantifiée et évaluée à travers des paramètres scientifiquement établis. Des professionnels du secteur pourraient conduire la recherche appliquée - qu'il est important de promouvoir - dans le but d'établir des profils épidémiologiques pour chaque entité géosanitaire. Il serait ainsi possible d'orienter les programmes de prévention.

Pour ce faire, le ministère de la Santé doit s'ouvrir aux compétences et s'affranchir des comportements autarciques qui sclérosent l'initiative. L'obsession pour la collecte de chiffres et de données statistiques arrangés ne conduit qu'à des incohérences et à des attitudes irrationnelles dans l'usage de ressources bien souvent évanescentes.

Les réformes initiées en 2003 proposaient déjà de prendre en charge cette problématique à travers une refonte complète du système national de santé. Mais, à notre grand regret, les meilleures volontés peuvent être bridées par des cercles rentiers dont la seule expertise reconnue est d'entraver la réussite des réformes qui nous préoccupent.

Le Syndicat national des praticiens de santé publique appelle à l'ouverture d'un débat national sur le système de santé. Un débat responsable et libre de toute forme de conflit d'intérêts économiques ou politiques. En matière de répartition budgétaire, la santé doit être au coeur des priorités nationales, afin de permettre la réalisation des objectifs assignés au secteur à l'horizon 2014 et 2025.

Un plan de réforme des études médicales, la mise en place d'une réelle politique de formation continue, la réhabilitation des différents personnels liés aux soins, une meilleure maîtrise des dépenses de santé, la régulation de l'activité de soin dans le secteur privé, la réduction de la dépendance de l'Algérie en matière d'importation de médicaments sont autant d'éléments qui doivent guider le redressement de notre système de santé.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Algérie

Benjamin Stora : 'La promesse de réouverture des synagogues algériennes est très importante'

Benjamin Stora : "La promesse de réouverture des synagogues algériennes est très importante"

L’historien spécialiste du Maghreb Benjamin Stora réagit à la promesse de réouverture des synagogues algériennes faite par le ministre des Affaires religieuses, Mohamed Aïssa, dé[...]

En direct : l'enquête sur le crash du vol AH5017 associera plusieurs pays

Le détachement militaire français dépêché dans le nord du Mali sur le lieu du crash du vol Ouaga-Alger AH 5017 a retrouvé vendredi la boîte noire du DC-9 affrété par Air[...]

Mali : le gouvernement et six groupes armés signent à Alger une "feuille de route" pour la paix

Après d'âpres tractations et plusieurs mois de blocage, le gouvernement malien et six groupes armés ont signé jeudi à Alger un document sur la "cessation des hostilités". Une[...]

L'épave "désintégrée" du vol AH5017 localisée vers Gossi dans le nord du Mali

L'état-major de l'armée burkinabè a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi avoir localisé dans le nord du Mali l'épave "désintégrée" du DC9[...]

Air Algérie : cinq questions sur le crash du vol AH5017

Le DC9 du vol Ouaga-Alger AH5017, affrété par la compagnie Air Algérie, a été retrouvé jeudi après son crash, la nuit précédente, dans la zone de Gossi, au nord du[...]

Crash du vol AH5017 : pour Hollande, "tout laisse penser que cet avion s'est écrasé au Mali"

L'avion de la compagnie Air Algérie, disparu cette nuit alors qu'il faisait route vers Alger, a été victime d'un crash, selon un officiel de l'aviation algérienne. Les recherches se poursuivaient jeudi[...]

Air Algérie : le vol Ouaga-Alger AH 5017 disparaît avec 116 personnes à bord

La compagnie aérienne nationale algérienne a annoncé avoir perdu le contact avec l'un de ses avions parti de Ouagadougou. Il y avait entre 110 passagers et 6 membres d'équipage à bord.[...]

Ramtane Lamamra : "Un accord dans cent jours" sur le Nord-Mali

Le chef de la diplomatie algérienne fait le point sur le dialogue inter-malien, entamé le 16 juillet, et qui devrait être suspendu le 24 juillet avant une reprise à la mi-août. Première[...]

Algérie : les Fennecs envoient 100 000 dollars "aux enfants de Gaza"

Selon un communiqué officiel publié dimanche, les Fennecs ont décidé d'octroyer un don de 10 millions de dinars, soit 100 000 dollars, aux enfants de Gaza. Le même texte a également[...]

Libye : les voisins s'invitent dans la crise, au grand dam des Occidentaux

Inquiets de voir le pays sombrer dans le chaos, les six pays frontaliers s'impliquent dans le dossier. Mais leur initiative, soutenue par l'Union africaine et la Ligue arabe, n'est pas du goût des Occidentaux.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers