Extension Factory Builder
09/07/2012 à 10:35
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

C'est tout de même étrange... Voilà une situation on ne peut plus claire : un coup d'État dans le Sud, une rébellion qui ne vise désormais qu'à installer un État théo­cratique d'un autre âge dans le Nord, Aqmi et consorts qui narguent le monde entier, leurs chefs, parmi les plus recherchés de la planète, qui se baladent tranquillement à Tombouctou ou à Gao et dont les crimes en série les enverraient aussi sûrement à la CPI que tous ceux qui attendent leur procès dans les geôles de Scheveningen, à La Haye.

À Bamako, le président de la transition, qui n'a pas grand-chose à se reprocher dans l'épreuve que traverse son pays, s'est fait lyncher pendant près de une heure, devant des bidasses passifs voire hilares, par de jeunes désoeuvrés dont des politiciens, qui n'avaient aucune chance d'exister en dehors du chaos actuel, ont savamment lavé le cerveau pour les inciter à commettre ce crime impardonnable (voir la vidéo exclusive de l'agression de Dioncounda Traoré sur notre site). Le « sauveur de la nation », Amadou Haya Sanogo, chef d'une junte qui a arraché le pouvoir des mains d'un président sur le départ, ne sauve rien du tout. Pis, sa responsabilité dans l'agression barbare dont a été victime Traoré semble engagée. Et ses troupes ne se privent pas de torturer, bastonner et emprisonner arbitrairement tous ceux qui n'adhèrent pas à la « cause ». Ou avec qui Sanogo a des comptes personnels à régler...

Le Mali coule. Et, contrairement aux réactions suscitées par l'aventure libyenne, aucune voix ne s'est élevée pour s'opposer à une intervention militaire : pas de dos Santos ou de Zuma pour protéger de soi-disant pourfendeurs du néocolonialisme, pas de Chine ou de Russie qui bloquent toute résolution. Les grands de ce monde se sont précipités en Afghanistan, en Irak, en Libye, voire en Côte d'Ivoire. Excepté en Syrie, véritable casse-tête géopolitique qu'il vaut mieux comprendre avant de faire n'importe quoi, quand on veut, visiblement on peut.

Dans le cas qui nous préoccupece Mali qui sombre chaque jour un peu plus -, on nous explique que tous les ingrédients d'une véritable bombe à retardement sont réunis. Qu'une nouvelle Somalie, plus proche et plus inquiétante, est en gestation. Tout le monde clame sa détermination à ne pas laisser Aqmi s'installer et son indignation face à une telle descente aux enfers. Des chefs d'État africains se bousculent devant les médias pour réclamer de l'aide, dans le respect des règles internationales en vigueur, avant qu'il ne soit trop tard. Résultat ? Rien, ou si peu. Il faut discuter, dialoguer, peut-être en espérant convertir les djihadistes aux vertus de la démocratie, de la laïcité et du libéralisme... C'est toujours la même antienne pour ceux qui n'ont pas de pétrole ou dont le pays ne revêt aucun intérêt stratégique : souffrez en silence, votre cas peut attendre...

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Mali : mort de la fillette, premier cas d'Ebola dans ce pays

Mali : mort de la fillette, premier cas d'Ebola dans ce pays

Le premier cas d'Ebola identifié au Mali, une fillette de deux ans récemment revenue de Guinée, est morte vendredi, a annoncé le gouvernement.[...]

Ebola : un premier cas au Mali fait craindre l'arrivée de l'épidémie

Le Mali connaît son premier cas d'Ebola. Il s'agit d'une fillette de deux ans venue de Guinée avec sa grand-mère. Elle a été placée en quarantaine à Kayes (Ouest), a[...]

Mali : les Casques bleus, cibles privilégiées des jihadistes

Rarement mission onusienne aura autant été prise pour cible. Dans le Nord, les soldats de la Minusma sont seuls et en première ligne. Mines, tirs de roquettes et attentats ont déjà fait[...]

La course pour la direction du bureau Afrique de l'OMS est lancée...

Qui, début novembre, succédera à l'Angolais Luís Gomes Sambo à la tête du bureau Afrique de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ?[...]

Mali : ouverture du troisième round de négociations à Alger

Les pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés ont repris mardi à Alger. Le ministre malien des Affaires étrangères a appelé les différents mouvements à[...]

Mali : réouverture des négociations de paix à Alger

La reprise des pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés, samedi, à Alger s'inscrit dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans le nord du pays.[...]

Mali : à Alger, la médiation face à deux plans de sortie de crise

Alors que la reprise des pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés a été reportée au 22 octobre à Alger, "Jeune Afrique" a pu se procurer en[...]

Mali : au moins 7 morts dans des combats entre le MNLA et le Gatia près de Gao

Au moins sept personnes ont été tuées lors d'affrontements jeudi après-midi, près de Gao, principale ville du nord du Mali, entre et le MNLA et le Gatia, deux groupes armés touaregs de[...]

Mali : discussions à Alger, combats vers Gao

Le MNLA et le Gatia, une milice progouvernementale, s’affrontent dans la région de Gao depuis jeudi matin. Des combats qui interviennent alors que devaient reprendre à Alger, la veille, des négociations[...]

Mali : Sultan Ould Bady et le Mujao, un jihadiste en rupture de ban

Le jihadiste Sultan Ould Bady serait en conflit avec le Mujao, au nom duquel il a pourtant récemment revendiqué plusieurs attaques contre les Casques bleus au nord du Mali.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers