Extension Factory Builder

Maroc : à la conquête du Sud

07/08/2013 à 17:16
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Depuis son indépendance, le royaume n’a cessé de réaffirmer son identité africaine et, depuis plus de cinquante ans, occupe une position de leader au sein du continent. Les relations entre le Maroc et ses partenaires africains ont connu plusieurs temps forts. D’abord celui de la coopération militaire, puis politique, et, depuis la fin des années 1990, économique. Le volume des échanges commerciaux avec les pays subsahariens est passé de 588 millions de dollars (503,6 millions d’euros) en 1998 à 3 milliards en 2008 et, depuis quelques années, le pays est le deuxième investisseur africain sur le continent après l’Afrique du Sud.

Cette place privilégiée qu’il occupe au sein de la communauté, en particulier en tant qu’acteur économique majeur en Afrique de l’Ouest, ne souffre aucunement de son absence au sein de l’Union africaine. Mieux, le Maroc, qui a fondé sa politique africaine sur les coopérations bilatérales, négocie actuellement des accords de partenariats stratégiques incluant la mise en place progressive de zones de libre-échange avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).

Cette coopération renforcée se traduit sur le plan politique par les nombreuses visites officielles effectuées en treize ans par le roi Mohammed VI dans des pays subsahariens. En mars dernier, le souverain s’est ainsi rendu au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Gabon, trois marchés « cibles » de la stratégie économique marocaine. En dix ans, une quarantaine de commissions mixtes ont été créées, près de 5 000 conventions et accords bilatéraux ont été signés et sont entrés en vigueur.

Le pari de l'Afrique

Profitant de ce cadre politique privilégié, de nombreuses entreprises marocaines font depuis plus de cinq ans le pari de l’Afrique, continent qui connaît une forte croissance. Mais leur intérêt s’explique aussi par leur volonté de réduire leur dépendance à l’égard des économies européennes aujourd’hui en crise.

L’eldorado africain a permis aux champions nationaux de se diversifier et de développer leurs activités à l’international. Aujourd’hui, les grandes sociétés du pays œuvrant dans différents secteurs (télécoms, banque, mines, construction, eau et électricité, gestion des ports, etc.) sont présentes dans plus d’une vingtaine d’États subsahariens. Parmi les exemples les plus marquants, Maroc Télécom, qui possède plusieurs filiales dont Mauritel (Mauritanie), Onatel (Burkina Faso), Sotelma (Mali) et Gabon Télécom. Les principales banques, Attijariwafa Bank et la Banque marocaine du commerce extérieur (à travers l’acquisition de Bank of Africa en 2009), sont aujourd’hui présentes dans 19 pays africains. D’autres grands groupes nationaux, comme Addoha, Sanad, Managem et l’Office national de l’eau et de l’électricité (ONEE), sont également implantés dans de nombreux États du continent. De nombreuses PME y développent également leurs activités. Les entrepreneurs locaux ont désormais le réflexe de se tourner vers le Sud dès que leur croissance sur le marché national devient importante.

En 2014, 106 millions d’Africains devraient disposer d’un revenu annuel de plus de 5 000 dollars, un seuil au-delà duquel ils consacreront, selon les experts, la moitié de leurs revenus à l’achat de biens non alimentaires. Cette nouvelle classe moyenne influera sur la demande locale et permettra d’impulser un cercle vertueux de production.

L’expertise multisectorielle de l’économie du royaume, le choix de l’Afrique insufflé au plus haut niveau de l’État et la multiplication des success-stories mettent les investisseurs marocains dans les meilleures dispositions pour accompagner les économies africaines dans leur diversification.
Qu’on se le dise, l’Afrique est indéniablement le relais de croissance naturel du royaume. Au-delà d’être un partenariat gagnant-gagnant Sud-Sud, le modèle marocain en Afrique épouse les contours d’un réel cadre de codéveloppement.

________

Brahim Fassi Fihri, président et cofondateur de l’Institut Amadeus.

 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Forum-Tribunes Article suivant :
Ripoux et compagnie

Forum-Tribunes Article précédent :
Le crépuscule des Juifs de Tunisie

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Maroc

Vidéos - Football : les stades les plus chauds du continent

Vidéos - Football : les stades les plus chauds du continent

De Casablanca à Johanesburg en passant par Kumasi au Ghana, "Jeune Afrique" vous présente quelque-uns des stades de football les plus chauds du continent. Frissons garantis.[...]

Moulay Hafid Elalamy : "Le Maroc doit être généreux avec ses forces productives"

Six mois après son entrée au gouvernement, l'homme d'affaires marocain Moulay Hafid Elalamy vient de dévoiler sa nouvelle stratégie industrielle. Objectif : favoriser l'emploi, la valeur ajoutée[...]

Carte interactive : voyagez en Afrique sans visa !

En vertu d'accords bilatéraux ou dans le cadre d'organisations sous-régionales, plusieurs pays africains ont supprimé l'obligation de visa d'entrée sur leurs territoires. Grâce à une carte[...]

Kool Food finance sa croissance

Kool Food, le jeune producteur industriel de chocolats fait entrer Abraaj à son tour de table. Objectif de la société marocaine : grandir et exporter.  [...]

Maroc : 20 ans de prison pour un pédophile britannique

Robert Bill, un ancien enseignant gallois de 59 ans, a été condamné mardi à 20 ans de prison pour "enlèvement" et "tentatives de viol" sur mineures.[...]

Maroc : Jesa, dessine-moi un projet

Fruit de l'union entre OCP et l'américain Jacobs, la coentreprise met ses connaissances techniques au service de l'exploitation du phosphate.[...]

Maroc : les islamistes signent une "Charte de la majorité" avec leurs alliés

Le Parti justice et développement (PJD, islamiste), à la tête du gouvernement marocain, a signé une charte avec ses alliés afin "d’accélérer les réformes" et[...]

Maroc : Mohamed Fizazi, le salafiste de Sa Majesté

"Je n'ai pas retourné ma veste, je la porte désormais à l'endroit", explique Mohamed Fizazi. Condamné à trente ans de prison après les attentats de Casablanca en 2003, cette[...]

Maroc : le débat sur la légalisation du cannabis est relancé

En organisant un week-end de rencontre et de débats dans le Rif, le parti Authenticité et modernité (PAM) a récemment relancé le débat sur la légalisation partielle du cannabis[...]

Rachid Benbrahim Andaloussi : "Faire classer Casablanca au patrimoine mondial par l'Unesco"

Lancées à Casablanca en 2009, les journées du patrimoine sont devenues au fil du temps l’un des grands rendez-vous culturels du printemps : 26 000 participants pour la dernière édition[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers