Extension Factory Builder

La tentation de l'homme

31/05/2013 à 17:35
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Le mois dernier, un pays du Golfe - dont je tairai le nom par charité musulmane - a expulsé trois hommes natifs d'un émirat voisin au motif qu'ils sont... trop beaux. Trois gars surpris en flagrant délit de joliesse, voyez le danger ! J'avais déjà connaissance de crimes bien insolites, mais celui-là ! Si l'on devait redéfinir la législation selon les critères des princes arabes, il faudrait considérer comme un délit le fait pour un homme de naître avec un physique d'Apollon, traiter les dons juans de kamikazes et ajouter une mention aux formulaires de demandes de visa : « Beaux gosses non admis. »

Bien sûr, notre réaction immédiate à nous, les filles, a été de dire : « Oh, oui ! Envoyez ces chérubins par ici, nous leur offrirons mieux qu'une carte de séjour : la carte du coeur, et plus si affinités. » Avant d'ajouter, à l'adresse des autorités du Golfe : « À l'avenir, vous n'aurez qu'à voiler ces garçons, et l'affaire sera réglée ! En plus, pour un peuple dont la religion proclame "Allah est beau et aime la beauté", vous commettez là un péché. Certains pourraient même vous accuser de pratiquer une sélection raciale à l'envers : en obligeant vos femmes à ne fréquenter que des moches, vous ne rendez pas service à la race arabe. » Car il va de soi que l'affaire concerne davantage les femmes que les hommes. Ces derniers paniquent à l'idée que leur moins-que-moitié cède à la tentation. Ce n'est un secret pour personne que les femmes sont considérées dans cette région du monde comme des objets sexuels et que la gestion de la cité wahhabite tourne autour d'un objectif suprême : le contrôle de la libido féminine.

Mais était-il vraiment utile d'expulser ces beaux étalons ? Comment auraient-ils pu accéder à des femmes-citadelles, interdites de mixité ? Plus que du charme, il leur aurait fallu un passe-montagne. À moins que ces dames, rompues à la ruse, n'aient plus d'un tour dans leur abaya, à l'instar de leur supposée ancêtre Shéhérazade. Ruser n'est pas un destin et Shéhérazade est une ordure. Mais la gent féminine n'a pas d'autre recours dans des pays où nulle liberté ne lui est concédée. Vous pouvez répliquer que les hommes ont donc raison de ne pas faire confiance à un deuxième sexe dont le Prophète lui-même a pointé la « fourberie immense ». Je vous répondrai qu'il n'y a qu'à mettre ces filles à l'essai et à cesser de faire croire à la terre entière qu'elles sont prêtes à se ruer sur le moindre mâle.

Bon, c'est vrai, je veux bien trouver des circonstances atténuantes à ces frères arabes. Je connais des pays européens où certains maires expulseraient volontiers les beaux mecs pour ne pas avoir à les marier officiellement à des partenaires du même sexe. Tiens ! Et si la mesure prise par les autorités du Golfe concernait les hommes entre eux ? Je veux dire qu'il se pourrait que certains gardiens de la vertu, inquiets pour leur propre vertu, ne voient aucun inconvénient à expulser les mignons, de crainte de succomber à leur tour. Dans ce cas, j'avoue, les autorités en question n'ont pas d'autre issue : elles ne vont quand même pas légaliser le mariage pour tous ! 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

POST-Sriptum Article suivant :
Au pays... sans y être

POST-Sriptum Article précédent :
Touche pas à ma citrouille !

2 réaction(s)

1.
kawkawa - 10/06/2013 à 18h:06

PLUS QUE MOI...TU PARS!!!![...] Lire

2.
Le pédagogue - 01/06/2013 à 19h:06

C'est de l'humour? "Hrrnii ndhk"... Hahaha...[...] Lire

Toutes les dépèches

Réagir à cet article

Maghreb & Moyen-Orient

Qui est Al-Fawwaz, condamné pour les attentats de Dar es-Salaam et Nairobi en 1998 ?

Qui est Al-Fawwaz, condamné pour les attentats de Dar es-Salaam et Nairobi en 1998 ?

Khalid al-Fawwaz, un Saoudien présenté comme un fidèle lieutenant d'Oussama Ben Laden, a été reconnu coupable de complot en lien avec les attentats contre les ambassades américaines &agr[...]

Terrorisme : l'étonnante histoire du premier Sud-Africain à avoir rejoint Daesh

Un jeune Sud-Africain, se présentant sous le nom d’Abu Hurayra Al-ifriki, assure avoir rejoint les rangs de l’État islamique en Syrie. Une information qui n’a pas encore été[...]

Tunisie : génération électro, reportage au coeur d'une révolution musicale

En Tunisie, quelques milliers de jeunes se sont rassemblés le week-end des 21 et 22 février pour le festival des Dunes électroniques, à Nefta, dans le désert, à une heure de route de[...]

Afrique du Sud : que nous apprend le scandale des "Spy Cables" ?

Des documents révélant les échanges entre les services secrets sud-africains et leurs homologues étrangers et publiés depuis lundi par la chaîne Al-Jazeera et le quotidien britannique The[...]

In Amenas : l'enquête britannique provoque la colère des familles de victimes

Selon les conclusions de l'enquête judiciaire britannique sur l'attaque du complexe gazier algérien d'In Amenas, il "est probable que la balle" qui a tué Stephen Green, l'un des sept otages, "a[...]

"American Sniper" : quand Eastwood se tire une balle dans le pied

Annoncé en grande pompe, le nouveau long-métrage de Clint Eastwood, "American Sniper", relate le parcours d'un tireur d’élite de l'armée américaine connu pour ses exploits[...]

Quatre attentats à la bombe font un mort et deux blessés au Caire

Quatre attentats à la bombe ont fait un mort et deux blessés jeudi matin au Caire. Même si les attaques n’ont pas été revendiquées, les autorités locales soupçonnent les[...]

Algérie : Karim Achoui, le droit au retour

Ce Franco-Algérien s'est fait connaître comme l'avocat des figures du milieu. En s'inscrivant au barreau d'Alger, il a trouvé le moyen de contourner l'interdiction de plaider qui le frappait en France.[...]

Le dessinateur algérien Ali Dilem rejoint l'équipe de "Charlie Hebdo"

Le célèbre dessinateur de presse algérien Ali Dilem a rejoint la rédaction de "Charlie Hebdo", qui a sorti mercredi son second numéro depuis les attentats de janvier. Un choix audacieux[...]

Yémen : les yeux plus gros que le ventre des houthistes

Maîtres de facto du pays depuis la prise de Sanaa, le 20 janvier, et la démission du président de la transition, les houthistes ne savent pas vraiment quoi faire d'un pouvoir trop facilement[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers