Extension Factory Builder

Amadou Diaw : "Les élites se détournent de la France"

23/01/2013 à 10:30
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Amadou Diaw est président de l'International School of Management (ISM Dakar). Ce spécialiste de l'enseignement supérieur constate une attirance pour les établissements anglo-saxons.

Jeune Afrique : Quelle est la part d'élèves sénégalais scolarisés dans des établissements européens élitistes ?

Amadou Diaw : Depuis une vingtaine d'années, des Sénégalais plutôt aisés envoient leurs enfants en France ou en Suisse pour leurs études secondaires. Ce phénomène concerne tout au plus quelques dizaines de familles chaque année, en particulier dans le milieu des affaires. Il ne s'agit pas nécessairement des meilleurs éléments, on ne peut donc pas parler de fuite des élites. En revanche, nous constatons une augmentation des inscriptions dans des écoles secondaires de très haut niveau aux États-Unis ou en Afrique du Sud. Cette élite en formation se détourne de la France.

Certains pays sont-ils plus concernés que d'autres ?

Les pays d'Afrique centrale sont a priori plus représentés dans ces établissements européens. Pendant la période coloniale déjà, les familles royales du Cameroun envoyaient leurs enfants poursuivre leurs études secondaires en France. Au lendemain des indépendances, le phénomène s'est amplifié, y compris au Maghreb. Malgré l'existence de lycées de très haut niveau au Maroc, des jeunes marocains, tunisiens et libyens, notamment, ont poursuivi leurs études dans les prestigieux établissements parisiens (lycées Louis-le-Grand, Henri-IV). Quoi qu'il en soit, le phénomène que nous évoquons, marginal, n'a aucune répercussion, ni sur nos établissements ni sur le système éducatif.

Au Sénégal, quels établissements sont en mesure de proposer une alternative locale ?

En Afrique de l'Ouest, le pays affiche une belle longueur d'avance, tant au niveau du secondaire que de l'enseignement supérieur. Il y a par exemple le lycée public Mariama-Bâ, sur l'île de Gorée. Cette maison d'éducation réservée aux jeunes filles affiche 100 % de réussite au bac, avec mention ; le prytanée militaire de Saint-Louis constitue son pendant masculin. Depuis une dizaine d'années, des lycées privés d'excellence affichent également de très bons résultats. À cela s'ajoutent de bons collèges catholiques. 

____________

Propos recueillis par Fanny Rey

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

International

Football : l'Ivoirien Copa Barry passé du rôle de bouc émissaire à celui de héros de la CAN

Football : l'Ivoirien Copa Barry passé du rôle de bouc émissaire à celui de héros de la CAN

Héros d’une finale qu’il ne devait pas jouer, Boubacar Copa Barry a inscrit le tir au but qui a offert la Coupe d’Afrique des nations 2015 (CAN) à la Côte d’Ivoire face au Ghana en f&eac[...]

Naufrages de migrants en Méditerranée : le silence des dirigeants africains

  Les dirigeants africains se montrent remarquablement silencieux sur les naufrages de migrants en Méditerranée, qui concernent pourtant nombre de leurs citoyens, en particulier dans l'ouest du continent, une[...]

Tomi, IBK, Bongo : des écoutes embarrassantes

Des chefs d’Etat étrangers, qui plus est des amis de la France, écoutés dans le cadre d’investigations judiciaires ? Voilà qui, d’un point de vue diplomatique, et même si[...]

François Durpaire : "La commémoration de la fin de l'esclavage est l'affaire de tous"

François Durpaire est historien, membre du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage.[...]

Birmanie : les nouveaux boat people

Plus d'un million de Rohingyas, musulmans, sont privés de tout droit et confinés dans des camps de déplacés dans des conditions déplorables. Leur seul espoir ? Fuir par la mer. Au[...]

Niger - Putsch de Seyni Kountché : et si la France n'y était pour rien ?

On croyait tout savoir de la chute du président Diori, en 1974. Mais des archives encore confidentielles suggèrent que le putschiste Seyni Kountché a pris tout le monde de court. Y compris Paris.[...]

Barack Obama à Béji Caïd Essebsi : "Les États-Unis croient en la Tunisie"

À l'ocassion de la réception de Béji Caïd Essebsi à la Maison blanche jeudi, le président amréicain Barack Obama a annoncé son intention d'accorder à la Tunisie le[...]

"Princess of North Sudan" : Disney accusé de glorifier le colonialisme

Le prochain Disney, encore dans les cartons, s'appuie sur l'histoire vraie d'un Américain venu planter l'étendard familial dans le nord du Soudan pour faire de sa fille une "princesse"... Au mépris[...]

Attentat du Bardo en Tunisie : doutes sur l'implication du suspect marocain arrêté en Italie

Un nouveau suspect a été appréhendé mercredi à Gaggiano, en Italie, dans le cadre de l'affaire de l’attentat du Bardo. Mais les premiers éléments laissent à penser[...]

Chine-Taïwan : nuages noirs sur le détroit

À huit mois d'une élection présidentielle à haut risque, la poignée de main très médiatisée entre Xi Jinping et Eric Chu Li-luan ne doit pas faire illusion :[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers