Extension Factory Builder
07/01/2013 à 11:00
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Deux ans après leur sortie du coma, où en sont les Arabes ? Au fond du trou, si l'on se fie aux multiples fléaux, politiques, économiques ou sociaux, qui se sont abattus sur eux comme un essaim de criquets sur un champ de blé. Que peuvent-ils attendre de cette nouvelle année ?

En Afrique du Nord, les situations diffèrent. Le Maroc est, de loin, le pays qui suscite le moins d'inquiétude. Les principaux équilibres semblent préservés, le roi excelle dans un nouveau rôle d'arbitre et de garant tout en restant le roi... La situation socio­économique est difficile mais pas alarmante. En Tunisie, il faudra attendre les élections, prévues pour l'été, voire la fin de 2013, pour en savoir plus sur les véritables projets d'Ennahdha et la capacité de l'opposition à les contrecarrer. Mais confusion, inquiétude, erreurs de casting, grogne sociale, difficultés économiques et affrontements politiques rythmeront le quotidien des Tunisiens pour encore quelques années. Vrai motif d'espoir, en revanche, une société civile des plus dynamiques veille au grain. L'Algérie, véritable exception dans ce concert de changements, se prépare à un véritable tournant avec la présidentielle de 2014 et, sans doute, l'après-Bouteflika. Un scrutin dont on peine à voir qui pourrait le remporter après la chute d'Ahmed Ouyahia (RND), celle, probable, d'Abdelaziz Belkhadem (FLN) et l'absence de véritable leader susceptible d'attirer massivement les suffrages, même si on reparle d'Ali Benflis. Malgré leur patience ou leur résignation, les Algériens n'accepteront pas, en tout cas, un président « tombé du ciel ». Faute d'un scrutin libre et transparent, le pays n'échappera pas à l'instabilité. L'Égypte, elle, est partie pour un long bras de fer entre les Frères, qui perdent du terrain et sont de plus en plus contestés, et leurs opposants, faibles et divisés. L'économie est exsangue et les perspectives sont peu reluisantes pour de nombreuses années. Enfin, la chaotique Libye, dont on ne parle plus ou presque. Beaucoup d'argent, peu de ciment national et de multiples fractures aggravées par des appétits aiguisés : pas grand-chose à espérer mais guère plus à craindre...

Au Moyen-Orient, l'Irak s'enfonce dans la violence et le sang. Un an après le retrait américain, on dénombre 18 attentats et 53 morts violentes en moyenne par semaine. La paix n'est pas pour demain... En Syrie, Assad finira par partir. Mais pas dans l'immédiat, ou alors les pieds devant. Rien à attendre, en revanche, du côté de la Palestine. Le Hamas et Israël poursuivront leur sarabande, chacun prétextant qu'il n'y a personne avec qui discuter. Peut-être jusqu'à de nouveaux affrontements à Gaza. Les monarchies du Golfe, enfin. Sont-elles réellement les havres de sécurité et de stabilité dont on nous rebat les oreilles ? Non, surtout pas l'Arabie saoudite et ses dirigeants cacochymes, qui pourraient vaciller sur leur trône.

Bref, personne ne peut pavoiser. Le chemin est encore long et les écueils sont nombreux. Il faudra du temps, beaucoup de temps avant de voir éclore les fleurs du réveil arabe. Nombreux sont ceux qui, face à ce sombre tableau, en viennent à regretter les temps anciens, ceux des dictatures, de la sclérose, de l'avilissement et de l'illusion. Ils ont tort : l'optimisme est la foi des révolutions.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Maghreb & Moyen-Orient

Armée tunisienne : la grande désillusion

Armée tunisienne : la grande désillusion

Incapable de venir à bout des maquis jihadistes, minée par des querelles au sommet, gangrenée par la politique, la grande muette a beaucoup perdu de sa superbe. Enquête exclusive sur une institut[...]

Libye : au moins 21 morts dans des combats près de Tripoli

Au moins 21 personnes ont été tuées dans des combats près de Tripoli vendredi, ont indiqué des sources militaires, tandis que les délégations des deux parlements rivaux libyens[...]

Immigration clandestine : Obama et Renzi insistent sur une solution en Libye

La crise tragique de l'immigration clandestine en Méditerranée ne pourra être résolue sans stabilisation de la situation en Libye, ont martelé jeudi Matteo Renzi et Barack Obama, soulignant que[...]

Le Yémen, l'eau, la guerre

Il y a plus d'une vingtaine d'années, un chercheur canadien, appelons-le Stéphane L., était venu nous rendre visite au centre de recherche où je travaillais alors, à l'École des[...]

Pourquoi la Tunisie est une et indivisible

Aïssa Baccouche est sociologue et urbaniste.[...]

Méditerranée : des migrants musulmans accusés d'avoir jeté douze chrétiens à la mer

Un drame mêlant religion et immigration s’est produit mercredi en Méditerranée. Douze Chrétiens auraient été jetés par-dessus bord après une altercation avec des[...]

Tunisie : Loukil autorisé à coter sa branche automobile

La Bourse de Tunis a donné son accord de principe pour la cotation de UADH (Universal automobile distributors holding), la branche automobile du groupe tunisien Loukil. L'opération, prévue pour la seconde[...]

Le crédit à la consommation de retour en Algérie

 Le gouvernement algérien a adopté le décret restaurant le crédit à la consommation, après une suspension de plus de cinq ans. Réservé aux produits nationaux, il devrait[...]

Maroc - Laurent Sablé : "Fini les procès, place au sport !"

Au terme d'une procédure internationale d'arbitrage, la suspension des Lions de l'Atlas des CAN 2017 et 2019 a été annulée. Entretien avec l'un des avocats de la partie marocaine.[...]

Irak : l'État islamique contrôle la plus grande raffinerie du pays à Baïji

Des jihadistes du groupe État islamique ont réussi à mettre la main mercredi sur la plus importante raffinerie irakienne située à Baïji. Une opération à hauts risques sera[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers