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"Bien mal acquis" au Sénégal : Alioune Ndao dans le rôle de sa vie

26/11/2012 à 18:23
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À l'âge de 58 ans, ce père de quatre enfants se définit comme un self-made man. À l'âge de 58 ans, ce père de quatre enfants se définit comme un self-made man. © AFP

Réputé rigoureux et expérimenté, Alioune Ndao, le procureur spécial de la Cour de répression de l'enrichissement illicite au Sénégal, est aussi très ambitieux. Portrait.

L'homme qui a convoqué Karim Wade se définit lui-même comme un self-made-man. Mais c'est un autre mot qui vient à l'esprit de ceux qui l'ont côtoyé ces dernières années. « Alioune Ndao ? C'est un parquetier, un vrai », glisse un avocat qui se réclame de son amitié. Un parquetier « redoutable » même, ajoute un fonctionnaire du ministère de la Justice. « Je ne sais faire que ça. Je ne me vois pas ailleurs », confie l'intéressé. Le parcours de cet homme pieux fortement imprégné des préceptes du mouridisme, la confrérie la plus influente au Sénégal, né il y a cinquante-huit ans à Kaolack et père de quatre enfants, est pour le moins atypique.

>> Lire aussi : "Les barons du régime Wade, les dessous d'une affaire d'État"

De la police à la magistrature

Dans sa jeunesse, il arrête ses études pour s'engager dans la police. Douze années durant, il n'est qu'un anonyme gardien de la paix. En parallèle (ce qui dénote, selon un proche, une grande persévérance), il étudie le droit. Après avoir obtenu sa maîtrise, il intègre l'école de la magistrature. En 1989, direction Ziguinchor pour son premier poste : substitut du procureur. Puis Kolda, où il devient procureur de la République, Tambacounda, et enfin Dakar, la consécration, où il accède au poste convoité d'avocat général de la cour d'appel. Là, il se fait remarquer pour ses réquisitoires très durs, qui tranchent, selon un chroniqueur judiciaire, avec « le caractère taquin » dont il fait preuve en privé.

Entre-temps, de 2003 à 2006, il a officié en tant que conseiller technique du ministre de la Justice. Une parenthèse au sein de l'administration Wade qui n'a visiblement pas pesé lorsqu'il a postulé à la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI). « Il y a eu énormément de candidatures, indique-t-on au ministère. C'est normal, ce poste offre visibilité et fortes indemnités. » Ndao a été choisi parce qu'il est « réputé rigoureux », qu'il n'est mêlé à aucun scandale et que « c'est un parquetier d'expérience ». Et docile, certainement, car, comme le note un juge du siège, « on ne reste pas au parquet pendant vingt ans si on ne sait pas avaler des couleuvres ». L'intéressé admet rendre régulièrement compte à sa tutelle hiérarchique, la garde des Sceaux.

Courtois mais "très ambitieux"

Ndao est présenté par ses proches comme un homme courtois, respectueux des traditions et perfectionniste, mais aussi « très ambitieux pour lui et pour son pays ». Et s'il estime, face aux journalistes, qu'il a « plus à perdre qu'à gagner » en dirigeant les enquêtes de la CREI, il cache difficilement le plaisir qu'il a à se trouver sous le feu des projecteurs. Il sait que c'est le rôle de sa vie. 

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