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Algérie - France : avec Hollande, on respire...

21/11/2012 à 18:23
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Si les Français semblent déjà, pour de bonnes, mais aussi de mauvaises raisons, douter de leur nouveau président, six mois à peine après son élection, les Algériens, eux, ne peuvent que se réjouir de son arrivée au pouvoir. Même les plus jeunes d'entre eux, guère passionnés - comme le sont leurs aînés - par les remugles de l'Histoire, savent que la France de Hollande n'a rien à voir avec celle de son prédécesseur. Plus de Christian Estrosi, de Thierry Mariani ou, pis, de Gérard Longuet pour exhiber leur insondable bêtise au sommet de l'État - fondée en partie sur des considérations électoralistes de bas étage -, pour adresser des bras d'honneur ou vanter les mérites de la « mission civilisatrice » de la France en Algérie (et ailleurs) avant 1962.

Avec la gauche et Hollande, enfin, l'heure de la décrispation a sonné. Il ne sera évidemment pas question de repentance. Mais nous n'aurons pas non plus à subir la litanie de poncifs colonialistes sur les kilomètres de route construits, l'héroïsme de Bigeard, les massacres perpétrés par le FLN mis sur le même plan que celui de Sétif, le sacrifice d'instituteurs, de médecins et de fonctionnaires qui ont tant donné pour un pays qui, sans eux, ne serait jamais entré dans l'Histoire...

L'heure de la décrispation a sonné. S'il n'est pas question de repentance, le dialogue de sourds, lui, est terminé.

À ce titre, la visite de François Hollande en Algérie, prévue en décembre prochain, nous renseignera un peu plus sur l'avenir des relations entre deux États qui, malgré leurs liens évidents, ont toujours nourri une défiance et une amertume réciproques. Pour enfin sortir du dialogue de sourds en vigueur sous Sarkozy - politique surtout, parce qu'en termes de business les a priori et les rancoeurs s'envolent subitement - et regarder ce que deux grands pays riverains de la Méditerranée, si complémentaires, peuvent construire ensemble. Parce que, qu'ils le veuillent ou non, les bénéfices qu'ils pourraient en tirer l'emportent largement sur les écueils à surmonter. Cinquante ans après l'indépendance de l'Algérie, il n'est toujours pas trop tard pour s'en apercevoir.

En diplomatie, la méthode et la personnalité des interlocuteurs importent beaucoup plus qu'on ne le pense, parfois plus que les intérêts - même évidents - des parties en présence. L'Union pour la Méditerranée de Nicolas Sarkozy était mort-née justement parce que la méthode utilisée pour la créer et l'imposer à la hussarde n'était pas la bonne. Les mots et les actes qui ont jalonné la fin de l'ère Chirac puis le mandat de Sarkozy non plus. Hollande l'a bien compris, qui fait du dossier algérien, avec la crise au Sahel - et les deux sont liés -, l'un des défis majeurs de la politique étrangère de son quinquennat.

Cela tombe plutôt bien, d'ailleurs, puisque l'Algérie est elle aussi dans des dispositions plus propices à un dialogue fructueux. Un nouveau Premier ministre, avec lequel il est difficile de ne pas s'entendre - ce qu'a constaté le chef de l'État français lors de leur rencontre en marge du sommet 5+5 à Malte ; un Abdelaziz Bouteflika préoccupé, entre autres, par le passage de témoin entre sa génération, celle de l'indépendance, et les suivantes, qu'il doit mener à bien d'ici à la fin de son mandat, en 2014 ; un pays qui, dans sa majorité (70 % de la population a moins de 30 ans), est désireux de s'ouvrir sur le monde et de se débarrasser des carcans historiques comme sociaux ou religieux qui pèsent sur ses épaules... Depuis l'élection de Bouteflika, en 1999, jamais la situation n'a été aussi favorable. Et, bientôt, une nouvelle ère s'ouvrira.

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