Séraphin Ngwej est ambassadeur itinérant de RDC
Le pays est souvent critiqué pour ses choix considérés comme erratiques en matière de politique internationale. Pourtant, selon l'ambassadeur itinérant de RD Congo, sa diplomatie a bien changé.
Jeune Afrique : La RD Congo a-t-elle une démarche diplomatique plus claire ?
Séraphin Ngwej : À chaque époque correspond une forme de diplomatie. Aujourd'hui, nous sommes engagés dans une dynamique de paix et de reconstruction du pays, dont nous devons redorer le blason.
Sur la gestion de la crise dans l'Est, n'y a-t-il pas cafouillage ?
Je ne crois pas. Pour la toute première fois, nous avons réussi à inverser les rapports de force. Si nous n'avions pas été actifs, le rapport des experts des Nations unies avec ses annexes sur le caractère flagrant du soutien du Rwanda au M23 n'aurait jamais été publié. Les États qui comptent ont adopté des positions claires et sont allés au-delà de la simple diplomatie. Ce n'est pas du tout symbolique. C'est la preuve que nous agissons.
On a le sentiment que les résultats sont plutôt maigres...
Au contraire. La RD Congo se déploie à tous les niveaux pour contraindre le Rwanda à arrêter de soutenir le M23 et à retirer ses troupes. Les Nations unies et le Conseil de sécurité doivent tirer les leçons du rapport des experts. Nous oeuvrons sérieusement pour qu'une résolution claire vienne établir les responsabilités sur le terrain.
Si nous n'avions pas été actifs, le rapport des experts des Nations unies avec ses annexes sur le caractère flagrant du soutien du Rwanda au M23 n'aurait jamais été publié.
Pourquoi le ministre des Médias parle-t-il plus que celui des Affaires étrangères ? Qui fait quoi ?
C'est le chef de l'État qui prend toutes les initiatives. Il contacte ses pairs, les informe. Le Premier ministre [Augustin Matata Ponyo, NDLR] assure le suivi de ces initiatives pour mieux les encadrer.
De son côté, le président de l'Assemblée nationale [Aubin Minaku] dispose d'un outil d'accompagnement à travers la diplomatie parlementaire. Mais la cheville ouvrière de notre diplomatie reste le ministre des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda. Il connaît bien les chefs d'État et les enjeux de la région grâce à sa longue expérience des questions internationales acquise aux Nations unies.
Avez-vous de nouveaux soutiens ?
La situation a complètement changé. Nous traitons directement avec le département d'État américain. Les Britanniques, nos premiers pourvoyeurs d'aide, sont demandeurs d'une nouvelle vision dans notre coopération. Ils pensent qu'une RD Congo bien organisée au niveau de ses ressources minières peut être une réponse à beaucoup de problèmes locaux et un réel moteur de croissance pour l'Afrique.
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Propos recueillis à Kinshasa par Tshitenge Lubabu

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