Sophie Makariou est directrice du département des arts de l'Islam
Jeune Afrique : Comment s'organise la collection ?
SOPHIE MAKARIOU : L'histoire que nous avons voulu révéler est celle de la constitution d'un empire puis de son morcellement politique, celle aussi de l'émergence d'une grande civilisation fondée sur une révélation mais qui devient vite une entité politique colossale. Nous avons distingué quatre temps : celui de la fondation impériale du VIIe au XIe siècle, celui de la dislocation avec l'irruption des nouveaux peuples du XIe au XIIIe siècle, puis l'apogée des sultanats, et enfin l'âge des empires modernes, moghol en Inde, safavide en Iran et ottoman en Méditerranée.
On vous reproche de n'avoir pas assez inscrit l'exposition dans les logiques politiques du moment...
Le Louvre est un grand musée d'histoire de l'art et d'archéologie, et non un institut de sciences politiques ! Nous sommes un musée national certes, mais avec une vocation internationale : les deux tiers de nos visiteurs sont étrangers et nous nous adressons à tous, sans approche communautaire.
Pourquoi l'Afrique subsaharienne musulmane n'est-elle pas présente ?
Tout simplement parce que nous n'avons pas dans les collections du Louvre d'oeuvres qui viennent de pays comme le Mali, la Mauritanie ou l'Éthiopie. Et il faut distinguer deux cartes : celle de la culture matérielle du monde islamique et une carte plus large de l'expansion musulmane avec les comptoirs d'Afrique et d'Asie, où la culture matérielle est généralement de provenance extérieure. La carte de l'islam religion n'est pas la même que celle de l'Islam civilisation présenté ici.

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