Extension Factory Builder
11/09/2012 à 16:45
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Mardi 4 septembre : rendez-vous à l'Élysée avec un conseiller du président. Surtout, s'abstenir de donner son nom, sous peine d'être immédiatement démenti. Les consignes sont strictes au Château : ne pas recevoir de journaliste sans témoin, ne jamais accepter d'être cité. Ou alors, jurer à l'avance que l'entretien n'a jamais eu lieu. Moyennant cette piteuse promesse de ma part, notre interlocuteur se lâche : « On communique mal, on se tire dans les pattes, Montebourg ne supporte pas Moscovici, Cahuzac et Filippetti se connaissent trop pour ne pas se haïr, Fabius veut se débarrasser de Benguigui, Duflot a des états d'âme, Ayrault est tout sauf un patron, et le chef ne tranche ni les têtes ni les problèmes. Si Fillon prend l'UMP, on est morts en 2017 ! » Qui a dit que le « Hollande bashing » n'était qu'une mine stérile pour hebdos en mal de ventes ? Apparemment, c'est aussi une variante du masochisme.

Mercredi 5 septembre : pow-wow rédactionnel autour de la politique africaine de la France. Donc, trente ans jour pour jour après François Mitterrand, François Hollande se rendra lui aussi à Kinshasa, le temps d'un sommet. En octobre 1982, ils étaient dix-sept chefs d'État autour de Tonton et de son hôte, Mobutu. Seuls deux d'entre eux sont toujours aux affaires : Denis Sassou Nguesso le Congolais et Teodoro Obiang Nguema l'Équato-Guinéen. Combien seront-ils en octobre 2012 pour la Francophonie ? En attendant que le président normal délivre enfin son message africain, on navigue à vue sur une mer d'amateurisme. Que penser d'une Yamina Benguigui qui affirme (à J.A.) que les résultats des élections congolaises de 2011 ont été « validés par la communauté internationale », alors que la France de Sarkozy, l'Amérique d'Obama et l'Union européenne se sont contentées d'en « prendre acte » (en même temps que leurs distances) ? Ou d'un Jean-Christophe Cambadélis, favori pour la succession de Martine Aubry, qui tire à boulets rouges sur la néo-Françafrique en oubliant qu'il apporta son soutien à Laurent Gbagbo en pleine campagne électorale ? François, réveille-toi, ils ne savent plus ce qu'ils disent...

Jeudi 6 septembre : vues, les images d'Abdallah Senoussi, descendu d'un hélicoptère sur le tarmac de sa prison tripolitaine, avec une barbe qui rappelle celle de Saddam Hussein sorti de son trou à rats. Reste à débusquer Béchir Salah, que l'on dit caché quelque part entre Niamey et Pointe-Noire, et Moussa Koussa, terré dans une villa de Doha, pour que les principaux affidés de Kadhafi répondent enfin de leur passé devant le peuple libyen.

Vendredi 7 septembre : dans la plupart des pays du continent où J.A. est distribué, cette semaine aura été celle de la rentrée scolaire. « Pas d'élites, pas de problèmes », disaient les colons. Au spectacle de ce champ de ruines qu'est trop souvent l'éducation sur le continent, on se demande si ceux qui leur ont succédé ne partagent pas ce sentiment. Pas d'élites, pas de démocratie non plus. Excellent thème de dissertation pour l'élève Hollande au grand oral de Kinshasa.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Editorial suivant :
Algérie : belle endormie

Editorial précédent :
France : jamais contents !

Réagir à cet article

International

Immigration : l'auteure franco-sénégalaise Fatou Diome dénonce 'l'hypocrisie' de l'Union européenne

Immigration : l'auteure franco-sénégalaise Fatou Diome dénonce "l'hypocrisie" de l'Union européenne

Invitée vendredi sur le plateau de la chaîne de télévision publique France2, Fatou Diome, femme de lettres franco-sénégalaise, a livré un puissant réquisitoire contre les poli[...]

États-Unis : état d'urgence et couvre-feu déclarés à Baltimore

Quelques heures après l'instauration de l'état d'urgence à Baltimore par le gouverneur du Maryland, Lary Hogan, la maire a décrété lundi soir un "couvre-feu[...]

Rodrigo Rato, le mauvais élève du FMI

Rodrigo Rato, l'ancien directeur du Fonds monétaire international, est soupçonné de blanchiment. Ça fait un peu désordre.[...]

Quand Alpha Condé briefe Hollande

En visite privée à Paris la semaine du 20 avril, après avoir participé aux assemblées du FMI à Washington, le président guinéen n'a pas perdu son temps.[...]

Odyssées africaines : retour vers le présent

Jusqu'au 17 mai, l'exposition "Odyssées africaines", à Bruxelles, présente des oeuvres de jeunes artistes évoquant la manière dont mémoire et Histoire[...]

États-Unis : quand Obama joue avec le cliché raciste de l'"homme noir en colère"

À l’occasion du dîner annuel de l'association des correspondants accrédités à la Maison Blanche, samedi soir à Washington, Barack Obama était confronté à un[...]

Face au trafic des faux médicaments, la mobilisation de tous est indispensable !

Marc Gentilini, de la Fondation Chirac, est délégué général pour l’Accès à une santé et des médicaments de qualité. Bien que source de nombreux[...]

L'option militaire n'est pas une solution à la tragédie en Méditerranée, selon Ban Ki-moon

Le recours à la force n'est pas une solution à la tragédie des migrants en Méditerranée, assure le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, dans un entretien[...]

Annick Girardin, première ministre française en visite au Burkina depuis la chute de Compaoré

Annick Girardin, la secrétaire d’Etat française au Développement et à la Francophonie arrive ce samedi le 25 avril à Abidjan, première étape d’une tournée en[...]

Les mystères de la Corsafrique

Feliciaggi, Tomi, Pasqua, Foccart, Bongo Ondimba, Sassou Nguesso, IBK... Bienvenue en Corsafrique ! Dans son numéro double, "Jeune Afrique" consacre une enquête à l'ascension des Corses en Afrique,[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces