Mardi 4 septembre : rendez-vous à l'Élysée avec un conseiller du président. Surtout, s'abstenir de donner son nom, sous peine d'être immédiatement démenti. Les consignes sont strictes au Château : ne pas recevoir de journaliste sans témoin, ne jamais accepter d'être cité. Ou alors, jurer à l'avance que l'entretien n'a jamais eu lieu. Moyennant cette piteuse promesse de ma part, notre interlocuteur se lâche : « On communique mal, on se tire dans les pattes, Montebourg ne supporte pas Moscovici, Cahuzac et Filippetti se connaissent trop pour ne pas se haïr, Fabius veut se débarrasser de Benguigui, Duflot a des états d'âme, Ayrault est tout sauf un patron, et le chef ne tranche ni les têtes ni les problèmes. Si Fillon prend l'UMP, on est morts en 2017 ! » Qui a dit que le « Hollande bashing » n'était qu'une mine stérile pour hebdos en mal de ventes ? Apparemment, c'est aussi une variante du masochisme.
Mercredi 5 septembre : pow-wow rédactionnel autour de la politique africaine de la France. Donc, trente ans jour pour jour après François Mitterrand, François Hollande se rendra lui aussi à Kinshasa, le temps d'un sommet. En octobre 1982, ils étaient dix-sept chefs d'État autour de Tonton et de son hôte, Mobutu. Seuls deux d'entre eux sont toujours aux affaires : Denis Sassou Nguesso le Congolais et Teodoro Obiang Nguema l'Équato-Guinéen. Combien seront-ils en octobre 2012 pour la Francophonie ? En attendant que le président normal délivre enfin son message africain, on navigue à vue sur une mer d'amateurisme. Que penser d'une Yamina Benguigui qui affirme (à J.A.) que les résultats des élections congolaises de 2011 ont été « validés par la communauté internationale », alors que la France de Sarkozy, l'Amérique d'Obama et l'Union européenne se sont contentées d'en « prendre acte » (en même temps que leurs distances) ? Ou d'un Jean-Christophe Cambadélis, favori pour la succession de Martine Aubry, qui tire à boulets rouges sur la néo-Françafrique en oubliant qu'il apporta son soutien à Laurent Gbagbo en pleine campagne électorale ? François, réveille-toi, ils ne savent plus ce qu'ils disent...
Jeudi 6 septembre : vues, les images d'Abdallah Senoussi, descendu d'un hélicoptère sur le tarmac de sa prison tripolitaine, avec une barbe qui rappelle celle de Saddam Hussein sorti de son trou à rats. Reste à débusquer Béchir Salah, que l'on dit caché quelque part entre Niamey et Pointe-Noire, et Moussa Koussa, terré dans une villa de Doha, pour que les principaux affidés de Kaddafi répondent enfin de leur passé devant le peuple libyen.
Vendredi 7 septembre : dans la plupart des pays du continent où J.A. est distribué, cette semaine aura été celle de la rentrée scolaire. « Pas d'élites, pas de problèmes », disaient les colons. Au spectacle de ce champ de ruines qu'est trop souvent l'éducation sur le continent, on se demande si ceux qui leur ont succédé ne partagent pas ce sentiment. Pas d'élites, pas de démocratie non plus. Excellent thème de dissertation pour l'élève Hollande au grand oral de Kinshasa.

Tunisie : le pays sur le qui-vive avant un congrès salafiste
Présidentielle à Madagascar : "profonde inquiétude" de la Francophonie
Nigeria : couvre-feu 24h/24 dans plusieurs quartiers de Maiduguri, fief de Boko Haram







Découvrez le catalogue 2013 des Éditions du Jaguar
La campagne Pub de Jeune Afrique
Des soldats français, le 30 janvier 2013 à Tombouctou au Mali
Des rebelles du Séléka en Centrafrique
Des soldats libyens fouillent une voiture, le 16 mai 2013
Photo prise le 30 avril 2013 de soldats patrouillant dans les rues de Maiduguri, au Nigéria
Photo prise le 30 avril 2013 de soldats en patrouille à Baga, au Nigéria
Le président di Zimbabwe Robert Mugabe à Gweru, le 7 décembre 2012
Des policiers arrivent à l'université de Zambie, où des étudiants manifestent, le 17 mai 2013 à Lusaka
Des étudiants de l'université de Zambie manifestent contre la suppression des aides au maïs , le 17 mai 2013 à Lusaka











