Extension Factory Builder
03/09/2012 à 10:45
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Étrange pays que l'Algérie. La frontière entre quête de stabilité et léthargie y est aussi ténue que le cours d'un oued au début de l'été. Depuis 2011, le monde arabe évolue à vitesse grand V. Au Maroc, en Tunisie, en Libye ou en Égypte - pour ne point trop nous éloigner de notre belle endormie -, tout change. En Algérie, en revanche, rien ne bouge. Du moins en apparence, puisque même les plus fins connaisseurs de ce pays guère accessible au commun des mortels sont bien en peine de décrypter ce qui s'y passe. Et comme la communication n'est pas la qualité première de ses dirigeants...

On a longtemps expliqué cette « exception algérienne » par son histoire souvent tragique. Une sorte de vaccin antifièvre révolutionnaire favorisant un changement progressif, encadré, sans heurt ni violence... Oh, certes, pour préserver les fragiles équilibres d'un pays si souvent en proie à l'instabilité, Abdelaziz Bouteflika a toujours été un adepte de la politique des petits pas, mais à ce point ! Rien, pas un son, pas une image, pas un mouvement en provenance d'Alger, hormis les protestations feutrées - et passablement inquiétantes - d'une population confrontée à un été pénible, ponctué de coupures d'eau et de pannes d'électricité.

On attendait un nouveau gouvernement à l'issue des législatives du mois de mai ? Rien n'est venu. Sept ministres ont été contraints de quitter l'équipe au pouvoir pour respecter la règle du non-cumul des mandats. Ils n'ont toujours pas été remplacés. La future Constitution, annoncée pour la fin de 2012 ? La commission censée la rédiger n'est toujours pas en place. Le chef de l'État ? Une énigme, on ne l'entend ni ne le voit. Depuis le dernier scrutin, il n'a pas présidé un seul Conseil des ministres. Or son pouvoir est aujourd'hui tel que rien ne peut se faire sans son aval. Tout le monde est donc suspendu à ses lèvres. Qui demeurent désespérément closes.

Jadis en perpétuelle ébullition, ce pays donne l'impression de se recroqueviller sur lui-même, alors que ses enfants attendent que les choses changent, que sautent enfin les carcans politiques, sociaux ou culturels qui le paralysent et lui interdisent d'exploiter pleinement son formidable potentiel. Mais tout cela n'est peut-être qu'une impression trompeuse. Peut-être qu'en coulisses des promesses s'élaborent, que des remèdes se concoctent. Mais pourquoi n'en rien dire ? Le temps presse et la patience des Algériens, peu réputés pour leur stoïcisme, a des limites. Ils méritent, surtout, qu'on les rassure. Et qu'on éclaire leur avenir. 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Editorial suivant :
Trois destins

Editorial précédent :
Bloc-note de rentrée

Réagir à cet article

Algérie

Moi, Fathy le Fou, maître du 'trait pourri'

Moi, Fathy le Fou, maître du "trait pourri"

Mon pays, l’Algérie, a été pionnier dans la zone minée de la caricature politique en Afrique du Nord. J’ai fait partie de ses éclaireurs, envoyé à l’ombre avec u[...]

Algérie : la nouvelle Constitution, l'Arlésienne de Bouteflika

En avril 2011, le chef de l'État annonce son intention de faire réviser la loi fondamentale. Quatre ans et plusieurs consultations plus tard, le projet de réforme n'a toujours pas[...]

Football : retour sur près de 50 ans de violences dans les stades africains

Avec la condamnation à mort le 19 avril de onze supporters égyptiens lors d'un nouveau procès des émeutes de 2012 à Port-Saïd, la violence dans les stades s'est rappelée au (mauvais)[...]

Qui est Sid Ahmed Ghlam, l'Algérien qui planifiait un attentat en France ?

Sid Ahmed Ghlam a été arrêté dimanche en région parisienne alors qu’il projetait des attaques terroristes en banlieue parisienne, contre deux églises de Villejuif. Il est[...]

Algérie : l'embarrassante affaire Medjdoub

La plainte contre X pour torture déposée à Luxembourg, le 20 octobre 2012, par les avocats de Chani Medjdoub, un homme d'affaires algéro-luxembourgeois poursuivi pour corruption[...]

Algérie : Bouteflika les secrets du quatrième mandat

Pourquoi et comment, malgré un AVC qui l'a cloué dans un fauteuil roulant, le président de la République algérienne a décidé de rempiler en 2014. Enquête sur une[...]

Massacres de Sétif : la visite de Jean-Marc Todeschini diversement appréciée en Algérie

La presse algérienne n'a pas manqué de commenter la visite du secrétaire d'État français chargé des Anciens combattants, Jean-Marc Todeschini, à Sétif. La première[...]

Massacre de Sétif en Algérie : premier hommage d'un ministre français 70 ans après

Le secrétaire d'Etat français chargé des Anciens combattants, Jean-Marc Todeschini, a rendu dimanche un hommage aux victimes algériennes de Sétif, 70 ans après le massacre qui a fait[...]

Massacre de Sétif : un ministre français qualifie sa visite en Algérie de "geste fort"

Le secrétaire d'Etat français chargé des Anciens combattants, Jean-Marc Todeschini, a qualifié de "geste fort" sa visite dimanche en Algérie pour marquer le 70e anniversaire du[...]

Le crédit à la consommation de retour en Algérie

 Le gouvernement algérien a adopté le décret restaurant le crédit à la consommation, après une suspension de plus de cinq ans. Réservé aux produits nationaux, il devrait[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers